Le 17 mai 2024, une réunion secrète s’est tenue au Palais du bord de mer à Libreville entre Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition gabonaise, et plusieurs membres de la famille Bongo Ondimba. Selon les informations de Jeune Afrique, cette rencontre a réuni Noureddin Bongo-Valentin et sa mère Sylvia Bongo Ondimba, tous deux en détention, ainsi que Bilal et Jalil Bongo Ondimba. Ali Bongo Ondimba, ancien président, et sa sœur Pascaline ont participé par téléphone.
Au cours de cet entretien confidentiel, Oligui Nguema a exigé des concessions économiques majeures en échange de la liberté des membres de la famille Bongo. Selon Jeune Afrique, il aurait demandé « de céder un certain nombre de biens » incluant des parts dans plusieurs sociétés pétrolières, en assurant que « après, c’est fini ». Cette exigence s’inscrit dans une stratégie visant à démanteler l’influence économique de la famille Bongo et à stabiliser le pays après le coup d’État.
Les avocats des Bongo, Gisèle Eyué Bekale au Gabon et François Zimeray et Jessica Finelle en France, ont préparé les actes de transfert de ces biens. Cependant, la présidence n’a pas encore donné de réponse officielle. Parallèlement, les conseils des Bongo cherchent à obtenir l’abandon des charges contre leurs clients et négocient leur départ définitif du Gabon. Ali Bongo Ondimba et son épouse envisagent de s’installer au Maroc, pays où ils possèdent une luxueuse villa et entretiennent d’excellentes relations avec le roi Mohammed VI.
Les tensions se sont intensifiées lorsque, le 14 mai, Ali Bongo Ondimba et ses fils Bilal et Jalil ont entamé une grève de la faim pour protester contre la « séquestration et les actes de torture et de barbarie infligés à [leur] famille ». Sylvia et Noureddin Bongo-Valentin font face à des accusations graves de « haute trahison », « détournements massifs des deniers publics », « malversations financières internationales en bande organisée », « faux et usage de faux », « corruption active » et « trafic de stupéfiants ».
Le 16 mai, Sylvia et Noureddin ont été convoqués par la juge d’instruction, et le lendemain, lors de la rencontre avec Oligui Nguema, Ali Bongo Ondimba a tenté de se plaindre des mauvais traitements subis par sa famille. Cependant, le président de la transition a refusé de l’écouter, mettant ainsi fin à la réunion de manière abrupte.
Cette rencontre, marquée par la présence de personnalités influentes et de hauts responsables militaires, souligne la gravité de la situation. Parmi les présents figuraient Ernest Mpouho Epigat, ancien ministre et questeur au Conseil économique, social et environnemental de la Transition, ainsi que des membres du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Paul Richard Mvou, ancien gestionnaire des finances des Bongo, Davy-Steve Yalis, directeur général des Services spéciaux, le général Yves Barassouaga, commandant en chef de la gendarmerie nationale, et le lieutenant-colonel Lucamar Ankama étaient également présents.
Le colonel Giscard Smith Olagui, médecin personnel et conseiller spécial du président de la transition, le capitaine Alexis Davy Mba Engone et le colonel Yannick Nzamba Edowiza, figuraient parmi les participants. Leur présence atteste de l’importance accordée à cette réunion et de la dimension sécuritaire entourant cette négociation.
Cette rencontre entre Oligui Nguema et les Bongo, révélée par Jeune Afrique, est une étape déterminante dans le processus de transition au Gabon. Elle reflète les profondes tensions et les enjeux cruciaux pour l’avenir politique et économique du pays. Les concessions demandées par Nguema et les réactions des Bongo mettent en lumière la complexité et la sensibilité des négociations en cours.


























