Face aux nouvelles mesures gouvernementales visant à exiger un test PCR négatif pour assister à un service de culte, de messe, les chrétiens sont vent debout. Ils refusent d’appliquer ce qui parait à leurs yeux comme une discrimination implicite contre leur pratique du culte à Dieu garanti par la Constitution gabonaise. Dans cette même lancée, l’homme de Dieu, prophète et citoyen, Max Alexandre Ngoua a décidé d’analyser cette situation. Nous vous livrons l’intégralité de son propos.
Devant la montée de la pandémie de la Covid-19, le gouvernement de la République gabonaise a décidé de renforcer les mesures visant à faire face aux risques de propagation de la pandémie en vue de protéger davantage les populations.
Nul ne s’oppose à cette décision dont le but est de combattre un ennemi invisible qui, depuis près d’un an, a décimé des populations à travers la planète.
Dans le cas du Gabon, certes des décès ont été enregistrés, mais ces derniers ne doivent absolument pas occulter le fort taux de guérison des personnes contaminées: 11
534 cas de guérison sur 12 577 cas positifs, soit 90 à 95% de taux de guérison, d’après le COPIL, lors de la conférence de presse du vendredi 13 Février 2021.
Ce taux de guérison témoigne à suffisance que, dans la sous-région, le Gabon possède un traitement efficace et crédible contre cette pandémie.
Tout en saluant les efforts et actions de riposte gouvernementaux, je m’interroge sur la nécessité d’exiger dorénavant, avant chaque service cultuel, un test PCR négatif au coronavirus, pour tout chrétien qui voudrait assister au culte alors que, dans le même temps, cette exigence (test négatif) n’est pas imposée à ceux qui entrent dans:
– les administrations publiques et privées;
– les universités et écoles supérieures;
– les structures académiques primaires et secondaires;
– les supermarchés;
– les marchés;
– les transports en commun (bus Sogatra et Trans’Urb);
– les taxis;
– toutes les Casernes;
– les institutions étatiques à l’exemple de L’ASSEMBLÉE NATIONALE, du SÉNAT, du CESE, de la COUR CONSTITUTIONNELLE…
– les structures bancaires…
Sauf à croire que les statistiques en la possession du gouvernement ont révélé que les lieux de culte en général et l’église en particulier sont des hauts lieux de contamination à la Covid-19 ?
Si tel est le cas, je viens marquer mon étonnement devant cette accusation implicite et surtout récurrente.
Au cours de ces derniers mois, les Églises et leurs leaders se sont alignés derrière les recommandations du COPIL. Toutes les congrégations ont scrupuleusement respecté les mesures gouvernementales destinées à lutter contre la propagation de la Covid-19, par l’entremise du dispositif relatif aux gestes-barrières à l’exemple de :
– des campagnes de sensibilisation médiatique et de proximité;
– l’usage du port du masque obligatoire;
– le respect de la distanciation sociale de 1 mètre;
– le lavage des mains avec savon;
– désinfection des mains à l’aide du gel hydro alcoolique;
– le respect du couvre-feu
– un jour de pratique de culte par semaine.
Les Églises ont scrupuleusement, et en toute transparence, montré leur volonté profonde de ne pas devenir un cluster de la pandémie en produisant et en respectant le plan d’adaptabilité validé par le COPIL, la seule instance référentielle dans cette lutte pandémique. Et malgré tous ces efforts, l’Église fait aujourd’hui partie des rares institutions à se voir exiger des tests PCR négatifs pour que des fidèles aillent librement rendre leur culte à Dieu, ce qui n’est pas le cas dans d’autres secteurs. De plus, les fidèles qui ont pour la plupart un niveau social bas à moyen, doivent dépenser 20000 frs par mois pour 4 tests de PCR (1 TEST D’UNE VALEUR DE 5000 FRS × 4 DIMANCHES DANS UN MOIS)! Tout ceci pour prendre part à un culte qui est un droit constitutionnel.
Pour faire œuvre de justice et d’égalité de tous -car une fois de plus nous lisons une discrimination à l’endroit des lieux de culte- je suggère et souhaite ici et maintenant, que
– toutes les institutions étatiques, les universités et écoles
– toutes les administrations publiques, parapubliques et privées,
– toute grande surface commerciale, les marchés, les banques et transports urbains…
… se voient également exiger des tests PCR négatifs afin que tous soyons Unis dans la Concorde pour faire bloc contre la pandémie de la Covid-19.
Eu égard à ce qui précède, et devant la paupérisation galopante des populations, je viens exhorter les pouvoirs publics à :
– lancer une grande opération de distribution de masques aux populations;
– rendre gratuit le test PCR à toute la population sur toute l’étendue du territoire national, ce qui serait l’illustration de ce qu’il ne s’agit pas d’un Covid-Business. Car nous croyons que « le tout-gratuit » est possible pour lutter de manière efficiente contre la Covid-19.
Que Dieu bénisse le Gabon, Son Église et nos Institutions républicaines.
MAX ALEXANDRE NGOUA
Chevalier dans l’Ordre National du Mérite Gabonais

























