Les violences en milieu scolaires ne sont plus des faits isolés. Elles s’installent, se répètent, se banalisent. La récente altercation filmée au lycée Paul Indjendjet Gondjout, où des élèves se sont affrontés sous les cris d’encouragement de leurs camarades, en est une illustration glaçante. Loin d’être un simple débordement, cet acte révèle une crise profonde de l’autorité, du civisme et du lien social.
Ce qui choque autant que les coups échangés, c’est le rôle actif du “cameraman” amateur, témoin complice d’une scène transformée en spectacle. Les violences deviennent des contenus viraux, consommés sans recul, partagée sans conscience. L’école, censée être un sanctuaire de savoir, se transforme en théâtre d’affrontements, sous le regard passif de ceux qui devraient incarner l’encadrement.
Pourtant, les élèves avaient été sensibilisés quelques jours plus tôt par le procureur de la République sur les conséquences pénales de tels actes. L’article 230 du Code pénal prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende d’un million de francs pour toute violence ayant entraîné des blessures ou une altération de la santé. Mais la loi, aussi claire soit-elle, semble impuissante face à une jeunesse en perte de repères.
Les sanctions scolaires sont tombées : trois jours d’exclusion. Une mesure jugée dérisoire par certains, mais révélatrice des limites de l’institution. “On ne peut mettre un policier derrière chaque élève”, confie un responsable. Ce constat, lucide mais alarmant, souligne l’urgence d’une réponse collective.
Car au-delà de l’école, c’est toute la société qui est interpellée. Les parents, les éducateurs, les pouvoirs publics doivent repenser leur rôle. La prévention ne peut se limiter à des discours ponctuels. Elle doit s’ancrer dans une politique éducative cohérente, continue et inclusive.
Les violences scolaires ne sont pas une fatalité. Elles sont le reflet d’un malaise plus large, que seule une mobilisation intergénérationnelle et institutionnelle peut espérer contenir. L’école ne peut être seule face à ce défi. Elle a besoin d’une société qui l’écoute, la soutient et la protège.

























