Il y a des signaux que l’on peut ignorer une fois. Pas deux. Les violences qui ont secoué à quelques jours d’intervalle le Lycée national Léon Mba et le Lycée technique national Omar Bongo ont fini par forcer les portes du ministère d’État. Ce lundi 16 mars 2026, une réunion d’urgence s’est tenue sous la direction de la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq, réunissant plusieurs membres du gouvernement autour d’un constat aussi simple qu’alarmant : l’école gabonaise est malade, et le mal vient de loin.
Derrière les bagarres d’élèves, un trafic de drogue qui infiltre les établissements
Le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, a posé les mots sur ce que beaucoup pressentaient sans oser le dire. Derrière les affrontements entre élèves se dissimule un trafic de drogue qui a trouvé dans les établissements scolaires un terrain fertile. « Nous devons comprendre pourquoi nos jeunes en arrivent à de telles extrémités », a-t-il déclaré, soulignant que la violence n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus profond. Un constat qui change la nature du problème : il ne s’agit plus seulement de sécuriser des cours de récréation, mais de couper les racines d’un phénomène qui prospère dans les angles morts du système éducatif.
Travailleurs sociaux absents, coordination défaillante : le chaînon manquant de la prévention

La ministre des Affaires sociales, Dr Armande Longo épouse Moulengui, a pointé du doigt une fracture institutionnelle qui aggrave la situation : le manque de coordination entre les directions d’établissements et les travailleurs sociaux. Ces professionnels du soutien psychologique et social, pourtant présents dans le dispositif, n’ont pas été mobilisés au moment où leur intervention aurait pu faire la différence. Un dysfonctionnement qui traduit une vérité plus large : l’école gabonaise gère ses crises en silo, sans activer les ressources humaines dont elle dispose pourtant.
Une commission technique et un chantier national qui engage tous les acteurs
Face à l’urgence, le gouvernement a annoncé la création d’une commission technique chargée d’approfondir les causes de ces dérives et de proposer des mesures concrètes pour sécuriser les établissements. Mais au-delà des dispositifs sécuritaires, c’est toute une réflexion sur l’éducation, la prévention et l’encadrement des jeunes qui s’impose. Car l’école n’est pas une bulle isolée, elle reflète les tensions sociales et les vulnérabilités d’une jeunesse que personne n’a encore appris à écouter suffisamment tôt. La réunion gouvernementale contre la violence scolaire ouvre un chantier national dont la réussite dépendra de l’engagement de tous : autorités, enseignants, parents, travailleurs sociaux et élèves eux-mêmes. Lutter contre la violence scolaire, c’est protéger l’école comme espace de savoir, de sécurité et d’espoir.












































