L’annonce, le 24 mars 2025, de la reprise par l’État gabonais des actifs de Tullow Oil pour 181 milliards de FCFA, n’est pas un simple événement économique. Elle scelle le crépuscule d’un long règne occulte, incarné par Samuel Dossou-Aworet, dont l’ombre planait sur les arcanes pétrolières du Gabon depuis plus de trente ans.
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À travers la Gabon Oil Company (GOC), le pays a racheté à la multinationale britannique des participations stratégiques, mettant ainsi un terme à des décennies de tutelle dissimulée sous les habits de la coopération économique. C’est un véritable acte de souveraineté, un coup d’épée dans les rouages d’un système verrouillé par des intérêts privés transnationaux.
L’État entend, avec cette acquisition évaluée à 300 millions de dollars, porter la production nationale de 12 000 à 82 000 barils par jour. « C’est un signal fort. Le Gabon se réapproprie ses ressources et se libère progressivement de certains réseaux d’influence », glisse, sous couvert d’anonymat, un haut responsable du ministère du Pétrole au micro de Gabon Media Time.
Samuel Dossou-Aworet, ancien conseiller pétrolier du président Omar Bongo, fut longtemps le grand marionnettiste des hydrocarbures gabonais. À la tête du groupe Petrolin, il avait érigé un empire sur les failles d’un État affaibli, substituant l’intérêt d’une nation à ses ambitions personnelles. Cette mainmise, parfois qualifiée d’usurpation silencieuse, s’efface aujourd’hui sous les assauts d’une gouvernance naissante, résolue à restaurer l’intérêt collectif.
Tandis qu’il investit désormais au Nigeria, rachetant des actifs de Shell, le magnat béninois semble tourner la page gabonaise, emportant avec lui les vestiges d’un système d’accaparement longtemps impuni. « Racheter, c’est une chose. Gérer et rentabiliser ces actifs dans l’intérêt du peuple gabonais en est une autre », prévient l’économiste François Ella toujours au micro de notre confrère.
La fin de cette ère, faite de compromissions et de captations, sonne comme la chute d’un empire illégitime. Le défi désormais ? Transformer cette rupture en refondation. Car seul un État affranchi des chaînes de l’influence saura écrire un nouveau chapitre, où l’or noir servira enfin le bien commun.


























