Dans sa tribune politique, Philippe César Boutimba Dietha dénonce l’emprise totale du Parti Démocratique Gabonais (PDG) sur le Gabon entre 1990 et 2009. Il décrit comment fraudes électorales, justice complice et répression politique ont permis au PDG de maintenir son pouvoir, soulignant que nier cette domination revient à ignorer les manipulations et violences du système Bongo-PDG..
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Imaginez un conducteur sur la route de la démocratie gabonaise tentant de suivre les règles du jeu, mais à chaque virage il est bloqué par des barrages illégaux avec des forces de l’ordre corrompues qui le redirigent vers des chemins détournés, et des voyous qui l’attendent à chaque coin de rue pour l’intimider et le contraindre à abandonner sa route. C’est ainsi que le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a dominé le paysage politique du Gabon entre 1990 et 2009, utilisant les fraudes électorales massives, la subordination du pouvoir judiciaire et les violences politiques de tous genres pour s’assurer un pouvoir absolu.
Prétendre que les techniques de fraudes électorales utilisées par le PDG et ses alliés lors des présidentielles de 1993, 1998, 2005 et 2009, des législatives de 1990, 1996 et 2001, et des locales de 1997, 2002 et 2007, n’étaient pas au bénéfice exclusif du système Bongo-PDG, c’est comme nier l’existence d’un cartel dans un trafic de drogue. Les bourrages d’urnes, les listes électorales manipulées et l’achat de votes étaient autant de crimes politiques orchestrés pour maintenir le PDG au pouvoir. Ces élections étaient des scènes de crimes où les coupables protégés par un réseau tentaculaire échappaient toujours au glaive de la justice.
Justement le pouvoir judiciaire censé être le gardien de l’équité était en réalité un acteur central dans cette pièce macabre. Comme des organisateurs d’examens truqués, les hauts magistrats qui présidaient les commissions électorales nationales distribuaient les victoires au Parti Démocratique Gabonais, peu importe la volonté des électeurs. Imaginez un Office National du Baccalauréat où les copies sont corrigées par des membres de la famille des candidats: voilà l’état de notre système judiciaire sous la coupe du système Bongo-PDG qui validait les irrégularités et enterrait les espoirs de justice.
Sur la scène des chambres parlementaires, les majorités très absolues du PDG jouaient une pièce où les opposants en nombre réduit et symbolique n’étaient que des figurants. Les députés et sénateurs PDG répétaient le script qui leur avait été distribué par Omar Bongo et son parti. Malgré les pillages économiques, les détournements et les actes de corruption, les majorités PDG n’ont jamais montré d’hostilité envers les gouvernants. Aucun rapport de commission d’enquête parlementaire n’a été publié, révélant une allégeance totale à Omar Bongo et à son régime.
Dans toute l’administration gabonaise chaque fonction de pouvoir était attribuée comme un poste de chef de gang à un fidèle du PDG ou à un obligé d’Omar Bongo. Aucune place n’était laissée aux opposants radicaux, sauf s’ils renonçaient à leurs convictions pour rejoindre le mafieux système Bongo-PDG. Les contestataires du régime subissaient des brimades administratives et professionnelles, et même leurs proches étaient touchés. Dans les quartiers populaires les réunions familiales ressemblaient à des tribunaux de la mafia où les pédégistes reprochaient à leurs frères opposants de « mettre en danger » leur carrière à eux, par un radicalisme entêté contre les Bongo et contre le PDG.
En définitive les années 1990-2009 témoignent de l’emprise totale du Parti Démocratique Gabonais sur le Gabon, grâce à des fraudes électorales systématiques, un parlement caporalisé, une justice complice et une répression politique implacable. Prétendre que le PDG n’a pas dirigé seul le Gabon pendant ces années est une négation flagrante de la réalité et une insulte à l’intelligence et à la mémoire des Gabonais.
Philippe César Boutimba Dietha

























