Lors de la cérémonie officielle de présentation des vœux au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le 10 janvier dernier, une scène pour le moins troublante a eu lieu, suscitant indignation et consternation dans les milieux journalistiques gabonais. Rudy Hombenet, journaliste très compétente au quotidien L’Union, s’est exprimée avec force sur cet épisode, dénonçant un manque de considération criant pour sa profession.
Elle s’insurge particulièrement contre la mise sur un pied d’égalité des journalistes et des créateurs de contenu, une confusion qui « rappelle celle où le CTRI avait osé amalgamer activistes et journalistes, avant d’être sommé de rectifier le tir par la corporation ». Rudy Hombenet déplore également que certains responsables de médias reconnus aient été écartés au profit de créateurs de contenu, sans que cette décision ne s’appuie sur des critères pertinents.
Une profession diluée dans l’amateurisme
« Hier, au Palais, des créateurs de contenu TikTok, des amateurs de lives sur Meta et des professionnels de la presse ont été placés côte à côte », témoigne-t-elle. Cette situation, selon elle, illustre une dévalorisation flagrante de la profession journalistique au Gabon. « Une profession qui devrait incarner une élite intellectuelle se retrouve diluée dans un ensemble disparate où chacun revendique des privilèges sans distinction », s’indigne-t-elle.
Hombenet invite à une réflexion urgente sur la définition d’un professionnel de l’information. « Comment peut-on demander à une journaliste aussi compétente et respectée que Marielle Biyogou de partager la même tribune que des créateurs de contenu sans impact notable ? C’est une insulte à son intelligence et à la profession qu’elle représente avec brio », martèle-t-elle.
Une hiérarchie bafouée
La journaliste poursuit en s’interrogeant : « Ce désordre serait-il toléré dans une autre profession ? Certainement pas. » Selon elle, cet affaiblissement des critères d’excellence journalistique est non seulement toléré, mais encouragé par les instances responsables. Elle rejette fermement l’idée d’être associée à « une catégorie de créateurs de contenus sans profondeur », estimant qu’une cérémonie de cette envergure devrait rassembler uniquement des professionnels engagés et compétents.
Une profession en quête de reconnaissance
Hombenet rappelle avec fierté qu’elle est titulaire d’un Master en Sciences de l’Information et de la Communication, obtenu avec distinction. « Cette reconnaissance académique, doublée d’une pratique exigeante, devrait suffire à définir ma place et celle des véritables professionnels de la presse », insiste-t-elle.
Elle conclut en appelant à une réforme urgente : « À quand un véritable cadre pour distinguer et valoriser cette noble profession ? »


























