Le 27 novembre 2024, le Trésor public gabonais a lancé une vaste opération de levée de fonds auprès des investisseurs régionaux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). L’objectif affiché est de collecter une enveloppe oscillant entre 39 et 46,5 milliards de francs CFA, témoignant d’une volonté de renforcer ses ressources budgétaires.
Cette initiative du Trésor public gabonais s’articule autour de quatre opérations financières. Parmi celles-ci figure une émission de bons du Trésor assimilables (BTA) d’une valeur de 14 milliards de francs CFA, assortie d’une échéance à 26 semaines. Par ailleurs, trois adjudications d’obligations du Trésor assimilables (OTA) ont été proposées, pour des montants globaux variant de 25 à 32,5 milliards de francs CFA, avec des maturités s’étendant sur 3 à 5 ans. Les taux d’intérêt annoncés pour ces OTA oscillent entre 5,75 % et 6,5 %, reflétant une approche compétitive pour séduire les investisseurs régionaux.
Toutefois, à ce jour, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) n’a pas encore dévoilé les résultats de cette opération cruciale. Ce silence intervient dans un contexte financier tendu, marqué par les difficultés récurrentes du Gabon à mobiliser les capitaux escomptés.
En effet, les récentes tentatives d’émission d’obligations, notamment celles des 23 et 25 octobre 2024, ont rencontré un échec cuisant avec un taux de souscription nul pour un objectif cumulé de 15 milliards de francs CFA.
Pour pallier cette situation critique, les autorités gabonaises ont sollicité la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) afin d’obtenir une exemption temporaire de la pondération à 100 % appliquée aux risques liés aux titres publics émis par le Gabon. Si cette requête est acceptée, elle pourrait faciliter l’accès aux financements accumulés sur le marché régional, contribuant ainsi à l’équilibre du budget national pour l’exercice 2025.
Ce recours stratégique du Trésor public gabonais met en lumière les défis persistants auxquels le Gabon fait face sur le marché financier régional, tout en traduisant sa détermination à diversifier ses sources de financement.












































