L’aéroport international de Libreville, jadis considéré comme un carrefour stratégique en Afrique centrale, est aujourd’hui au cœur des critiques. Selon L’Union, « des redevances de navigation parmi les plus élevées au monde, des infrastructures vétustes et des taxes exorbitantes » seraient autant de freins à son attractivité. Ces facteurs, combinés à un désengagement progressif des compagnies aériennes, posent la question de sa compétitivité régionale.
Un désintérêt progressif des compagnies aériennes
Air Sénégal, Transair, Ceiba et Mauritanian Airlines ont réduit leurs activités, certaines allant jusqu’à suspendre complètement leurs dessertes. Comme le souligne L’Union, « des interrogations surgissent quant à la compétitivité de la plateforme aéroportuaire nationale ». Plusieurs opérateurs refusent de témoigner publiquement, mais des voix internes révèlent cinq problèmes majeurs :
Des redevances de navigation et aéroportuaires parmi « les plus élevées au monde » ;
Des infrastructures vétustes alourdissant les coûts de maintenance ;
Des assurances aéronautiques surtaxées ;
Un prix du kérosène « deux fois supérieur à la moyenne européenne », malgré le raffinage local.
Lors de son lancement en août 2024, Fly Gabon avait déjà alerté le gouvernement sur ces obstacles. Son directeur général, Nyl Moret Mba, déclarait alors : « Le pétrole gabonais devrait être un avantage compétitif, mais c’est l’inverse qui s’observe. Ces charges pénalisent lourdement le transport aérien, entraînant une baisse continue du trafic. »
Une défense mitigée d’ADL
Igord Simard, directeur général d’Aéroport de Libreville (ADL), minimise ces critiques en les attribuant davantage aux « modèles économiques » des compagnies concernées. Selon lui, « Air Sénégal a quitté Libreville pour des raisons de rentabilité de la desserte« , tandis que « Transair a suspendu ses vols faute de moyens pour louer un nouvel aéronef après un crash. »
Cependant, il concède un point sensible : « Il est vrai que les compagnies se plaignent du coût du carburant. » Une reconnaissance partielle qui donne du crédit aux revendications des opérateurs aériens.
Face à ces défis structurels, l’avenir de l’aéroport de Libreville dépendra de sa capacité à se réinventer pour regagner la confiance des compagnies aériennes.












































