Combien vaut vraiment aujourd’hui la forêt gabonaise ? Personne ne le sait précisément à ce jour. Le gouvernement gabonais veut enfin combler cette lacune statistique gênante. Avec la Banque africaine de développement (BAD), Libreville lance officiellement le projet COSAFE. L’objectif consiste précisément à chiffrer la richesse forestière et extractive nationale. Le ministre de l’Économie Thierry Minko a signé cet accord de don. Une décision aux implications économiques potentiellement très considérables pour le pays tout entier.
Le secteur bois a officiellement rapporté 489 milliards de FCFA en 2022. Ce montant a bondi de 322 % en seulement onze ans. Pourtant, les statistiques officielles peinent encore réellement à tout saisir. Emplois informels, valeur ajoutée réelle et revenus indirects restent souvent invisibles statistiquement. Ainsi, la richesse forestière réelle dépasse probablement les chiffres publiés actuellement. Ce flou statistique empêche des décisions budgétaires réellement éclairées et pertinentes. COSAFE veut justement corriger cette zone d’ombre statistique bien trop persistante. Un enjeu chiffré potentiellement à plusieurs milliards de FCFA reste donc encore en suspens.
Des données plus fines pour mieux décider
Concrètement, l’outil mesurera précisément production, emplois et valeur ajoutée réelle. Chaque secteur extractif sera enfin analysé avec une précision comparable et fiable. Le manganèse, produit d’exportation historique, entre également pleinement dans ce vaste calcul. De plus, ces données guideront directement les prochains choix budgétaires du pays. Sans statistiques fiables, aucune politique publique ne demeure vraiment efficace durablement. Par conséquent, cette réforme technique cache en réalité un enjeu économique majeur. Mieux mesurer, c’est finalement aussi mieux négocier avec les investisseurs internationaux présents.
Un capital naturel enfin comptabilisé comme un actif
Le bois représentait déjà 6 % des exportations gabonaises en 2023. Le secteur emploie aujourd’hui désormais près de 15 000 travailleurs directs. Néanmoins, sa contribution réelle au PIB national reste encore aujourd’hui largement discutée. COSAFE pourrait ainsi révéler une valeur économique bien supérieure aux estimations actuelles. Cette approche traite enfin la forêt gabonaise comme un véritable actif national stratégique. Un actif à préserver, mais aussi à valoriser financièrement, durablement et intelligemment. Le pétrole a longtemps masqué cette richesse alternative encore sous-exploitée jusqu’ici.
Diversifier l’économie grâce à une meilleure gouvernance
Le Plan national de croissance mise d’ailleurs justement sur cette diversification économique. Mieux connaître ses ressources aide justement à réduire la dépendance pétrolière persistante. En effet, un PIB mieux mesuré attire naturellement davantage de financements extérieurs disponibles. Les bailleurs internationaux exigent désormais partout des données économiques solides et vérifiables. Cette exigence pousse aujourd’hui le Gabon vers davantage de rigueur statistique globale. Finalement, COSAFE dépasse la simple question technique et comptable habituelle. Il prépare surtout une économie gabonaise plus transparente et mieux valorisée demain.
Vers une richesse nationale enfin visible
Reste maintenant à transformer efficacement ces chiffres en décisions concrètes et durables. Une meilleure mesure ne garantit toutefois pas automatiquement une meilleure gestion publique. Toutefois, elle constitue clairement un préalable indispensable à toute véritable réforme économique sérieuse. Le Gabon avance ainsi progressivement vers une économie mieux quantifiée et mieux pilotée. Une économie où forêt et sous-sol pèseront enfin leur juste valeur réelle.










































