Le couperet disciplinaire s’est abattu ce 25 août 2026. Le Conseil de discipline du CSM propose la révocation d’Eddy Narcisse Minang. L’ancien procureur général près la Cour d’appel de Libreville encourt désormais la sanction suprême. Toutefois, seule une formation plénière peut l’entériner juridiquement et définitivement. Le président de la République, chef du CSM, tranchera in fine. Cette affaire cristallise déjà l’attention de tout le corps judiciaire gabonais.
La séquence procédurale remonte à plusieurs semaines déjà. D’abord auditionné, puis suspendu à titre conservatoire pour trois mois. Ensuite convoqué devant l’instance disciplinaire suprême de la magistrature. Or, selon des sources concordantes, Minang ne se serait pas présenté. Ainsi, la proposition de révocation aurait été prononcée par défaut. Fait notable : son nom figurait à deux reprises au rôle. Dixième et onzième positions, deux dossiers distincts examinés simultanément. D’autres magistrats comparaissaient également, ce même jour, devant l’instance disciplinaire.
Des griefs financiers aux montants significatifs
Plusieurs dossiers pesaient sur ce magistrat hors hiérarchie. Une affaire financière évaluée à quatre milliards de francs CFA impliquait ainsi des ressortissants chinois. Un autre dossier concernait une surfacturation présumée au sein de la DCAF. Le préjudice estimé oscillerait entre 560 et 700 millions de francs CFA. Selon plusieurs sources concordantes, ce second dossier aurait déclenché la procédure disciplinaire. Le magistrat mis en cause aurait tenté d’entraver l’enquête par des relais personnels. Néanmoins, ces éléments restent au conditionnel, faute de confirmation officielle intégrale. La prudence juridique la plus stricte s’impose donc face à ces accusations non tranchées.
Une exposition médiatique devenue vulnérabilité juridique
Minang s’était imposé comme figure centrale du parquet gabonais. Le procès Bongo, retransmis en direct, l’avait rendu incontournable. Sylvia et Noureddin Bongo écopèrent alors de vingt ans de réclusion. Cette exposition nationale l’avait cependant aussi rendu particulièrement exposé. Par conséquent, sa chute judiciaire résonne avec une force symbolique bien réelle. L’homme qui accusait hier se retrouve désormais lui-même sur le banc.
Une régularité procédurale néanmoins contestée
La procédure n’a pas échappé à toute contestation juridique. Un magistrat évoquait une saisine préalable manquante du président du CSM. Cette irrégularité alléguée aurait potentiellement pu fragiliser l’ensemble de l’édifice disciplinaire. Cependant, les textes disciplinaires en vigueur ont finalement prévalu sur cette objection. Le Garde des Sceaux s’appuyait, lui, sur un cadre juridique plus formel. Cette solidité textuelle a donc neutralisé, en droit, l’argument procédural soulevé.
Quinze jours pour saisir le Conseil d’État
La proposition de révocation demeure juridiquement contestable à ce stade. Eddy Minang dispose de quinze jours pour saisir le Conseil d’État. Il peut également former un recours gracieux présidentiel. Ce recours éventuel ne suspendrait pas automatiquement la proposition de sanction. Néanmoins, il pourrait en modifier substantiellement l’issue juridique finale. La décision ultime et définitive reviendra donc au président du CSM.











































