Libreville, le 25 août 2026.- L’affaire BR-Sarl connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Le Congrès des Agents Publics et Parapublics de l’État, le CAPPE, poursuit son offensive judiciaire. Conduit par Emmanuel Mve Mba, il vise trois établissements bancaires : Ecobank, UBA et Orabank. Ces banques auraient joué un rôle dans le fonctionnement de l’ancienne structure de microfinance. Par ricochet, elles seraient liées au préjudice subi par des milliers d’épargnants.
Le dossier concerne, selon le CAPPE, près de 18 000 familles. Il était de nouveau inscrit au rôle du Tribunal de commerce de Libreville le jeudi 20 août 2026. Cette audience de mise en état devait permettre aux parties de produire leurs pièces. Elles devaient également examiner les éléments destinés à soutenir leurs prétentions.
Des accusations particulièrement lourdes
Au cœur du contentieux figure la responsabilité éventuelle des établissements bancaires. Le CAPPE leur reproche notamment d’avoir permis, à l’époque, l’ouverture et le fonctionnement de comptes. Ces comptes auraient bénéficié à BR-Sarl, une structure dont la régularité juridique reste contestée.
Le CAPPE évoque également des faits qu’il qualifie de « blanchiment de capitaux et terrorisme ». Ces qualifications extrêmement graves relèvent toutefois, à ce stade, des seules accusations de la partie plaignante. Elles ne sauraient donc être présentées comme des faits judiciairement établis.
La question centrale sera donc de déterminer un point précis. Les établissements concernés avaient-ils connaissance d’éventuelles irrégularités affectant BR-Sarl ? Leur comportement est-il susceptible d’engager leur responsabilité dans le préjudice allégué ?
Le dossier avance, mais aucune culpabilité n’est établie
Selon le CAPPE, des pièces concernant notamment Ecobank auraient été versées au dossier. Toutefois, la juridiction aurait décidé de poursuivre la mise en état. Cette décision permettra d’examiner également les éléments concernant UBA et Orabank.
L’audience a ainsi été renvoyée au 3 septembre 2026. Ce renvoi signifie surtout une chose : le tribunal n’a pas encore tranché la responsabilité des établissements concernés. La procédure demeure donc ouverte et contradictoire. Chaque partie devra pouvoir faire valoir ses arguments et produire ses éléments.
Dix-huit mille familles au cœur du contentieux
Au-delà des qualifications juridiques, l’affaire présente une dimension sociale considérable. Le CAPPE affirme représenter des milliers d’épargnants ayant perdu leurs économies dans la débâcle de BR-Sarl.
L’organisation avance des montants précis. Elle réclame 32 milliards de FCFA au titre des capitaux investis. S’y ajoutent 49 milliards de FCFA au titre des dommages et intérêts.
Ces montants, particulièrement élevés, devront naturellement être appréciés au regard des pièces produites. Pour les familles concernées, l’enjeu dépasse cependant les seuls chiffres comptables. Il s’agit de récupérer des économies constituées parfois pendant plusieurs années.
Le 3 septembre, une nouvelle étape judiciaire
En attendant la prochaine audience, le dossier reste suspendu à l’examen des pièces. L’audience du 3 septembre 2026 pourrait permettre de mieux circonscrire les responsabilités éventuelles. Le tribunal devra surtout déterminer si les griefs reposent sur des fondements suffisamment sérieux.
À ce stade, aucune condamnation ne peut être préjugée. Les établissements mis en cause bénéficient des garanties du procès équitable. Ils disposent ainsi du droit de contester les accusations portées contre eux.
Une chose demeure certaine : des milliers d’épargnants attendent que la lumière soit faite. Ils espèrent surtout des réponses sur la disparition alléguée de leurs investissements.
Le 3 septembre prochain, la justice devra donc mesurer, pièce après pièce, la réalité des responsabilités. Elle devra également évaluer l’étendue du préjudice éventuellement établi.
Comme le rappelle un proverbe de Lambaréné, quand deux pirogues se heurtent, chacun cherche les débris à sa manière. Mais seul celui qui connaît la profondeur de l’eau sait où regarder.










































