Ousmane Sonko a été reconduit à la tête du Pastef le 6 juin 2025. Les 583 délégués ont voté à l’unanimité en sa faveur. Ce premier congrès du parti s’est tenu à Diamniadio, près de Dakar. Sonko dirige ce mouvement depuis sa création en 2014. Sa légitimité interne reste totale malgré les turbulences politiques récentes.
Un limogeage qui a tout changé dans l’échiquier politique
Le président Bassirou Diomaye Faye a limogé Sonko le 22 mai dernier. Cette décision a brisé l’alliance fondatrice entre les deux hommes. Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô lui succède comme Premier ministre. Il a formé un gouvernement le 2 juin dernier. Des dissidents et alliés du Pastef y participent malgré l’appel au boycott.
Le Pastef choisit l’opposition sans user de ses armes
Sonko détient un levier de pression considérable sur l’exécutif. Le Pastef contrôle 130 des 165 sièges à l’Assemblée nationale. Une motion de censure peut renverser le gouvernement en 72 heures. Sonko l’a lui-même reconnu publiquement début juin. Pourtant, le parti décide de ne pas censurer le gouvernement pour l’instant.
Une stratégie d’opposition calculée et assumée
« Si Pastef le veut, ce gouvernement peut tomber. Mais nous ne le censurerons pas », a déclaré Ousmane Sonko. Le parti préfère accompagner plutôt que bloquer. Cette posture lui évite un affrontement institutionnel prématuré. Elle préserve aussi son image de force responsable face aux électeurs. La bataille reste politique, pas parlementaire.
Faye dispose de contre-pouvoirs constitutionnels importants
Le président Faye n’est pas sans ressources face au Pastef. Il peut reformer un gouvernement après une éventuelle censure. Il peut également dissoudre l’Assemblée, mais seulement à partir de novembre 2026. L’article 52 de la Constitution lui permet de gouverner par ordonnances. Cette période peut durer jusqu’à trois mois sans passer par le Parlement.
2029 comme horizon unique pour le Pastef
Le Pastef fixe désormais son regard sur la présidentielle de 2029. Ousmane Sonko en sera le candidat naturel et incontesté. Le congrès de Diamniadio marque le début officiel de cette reconquête. Le parti se restructure autour d’un seul objectif stratégique clair. La rupture avec Diomaye Faye accélère ce repositionnement dans l’opposition.






















