La Haute autorité de l’audiovisuel et de la Communication (HAAC) a donné son verdict : trois mois sans émettre sur le territoire togolais pour France 24 et Radio France Internationale (RFI). Une décision qui peut sembler dure, mais cette autorité régalienne a tranché. La motivation de cette mesure : « propos inexacts et tendancieux » portant atteinte à la stabilité du pays.
Les faits d’accusation reprochés à ces deux médias internationaux seraient, selon la HAAC, d’avoir relayé à maintes reprises des contenus jugés contraires aux faits exacts et préjudiciables à l’image des institutions togolaises.
Il s’avère, selon le communiqué de la HAAC, que RFI et France 24 avaient déjà été avertis de ces dérives, qui avaient déjà été signalées par le passé, mais aucune amélioration n’avait été observée.
« La liberté de la presse ne saurait être synonyme de désinformation ou d’ingérence », déclare l’autorité en invitant les médias à plus de transparence et d’impartialité sur les sujets traités.
La ville de Lomé a connu des turbulences politiques le mois en cours. Les jeunes togolais et la société civile ont organisé des manifestations politiques contre le pouvoir. Les motivations de ce mouvement étaient la hausse du prix de l’électricité et la réforme constitutionnelle adoptée en avril 2024.
La direction de RFI et France 24 semble surprise par cette suspension de leur diffusion, disent-ils, sans préavis.
Ils se sont exprimés en ces propos :
« RFI et France 24 réaffirment leur attachement indéfectible aux principes déontologiques du journalisme, comme leur soutien à leurs équipes qui délivrent chaque jour une information rigoureuse, indépendante, vérifiée, impartiale et équilibrée, dans le respect des dispositions de la convention signée entre la HAAC et France Médias Monde », affirme le communiqué.
Magali Lagrange, présidente de l’Union des Journalistes de la Presse Libre Africaine, estime que cette décision de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication constitue une grave atteinte à la liberté de la presse et au droit à l’information. Suspendre deux médias n’effacera pas les turbulences traversées.


























