Face à la vive controverse suscitée par la dernière réforme de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), le gouvernement gabonais a annoncé, mardi 24 septembre, la suspension immédiate de la nouvelle liste de médicaments remboursables et des taux de tickets modérateurs. Cette décision a été prise lors d’une réunion d’urgence réunissant le Président du Conseil d’administration de la CNAMGS, le ministre de la Santé, Adrien Mougougou, et la ministre des Affaires sociales, Nadine Nathalie Anato.
Initialement prévue pour entrer en vigueur le 1er octobre 2025, la réforme visait à rationaliser les dépenses de santé publique en réduisant le nombre de médicaments pris en charge par la CNAMGS et en augmentant le ticket modérateur à 30 %. Mais cette orientation, jugée trop brutale, a provoqué une levée de boucliers dans les milieux médicaux et sociaux.
De nombreux professionnels de santé ont dénoncé l’absence de concertation, tandis que les patients, notamment ceux souffrant de pathologies chroniques, ont exprimé leur inquiétude face à la suppression de traitements essentiels de la nomenclature.
La suspension de cette réforme marque un recul stratégique du gouvernement, qui reconnaît implicitement les limites d’une approche technocratique déconnectée des réalités sociales.
En attendant une nouvelle grille plus consensuelle des médicaments CNAMGS, l’ancienne tarification reste en vigueur. Une commission multipartite sera prochainement mise en place, incluant des représentants des pharmaciens, des agents de santé et des assurés, afin de réviser la liste des médicaments remboursables et les taux applicables.
Cette crise révèle les tensions persistantes entre impératifs budgétaires et équité sociale dans la gestion de la santé publique au Gabon. Elle souligne également la nécessité d’une gouvernance plus inclusive, fondée sur le dialogue et la transparence. Si la CNAMGS veut regagner la confiance des citoyens, elle devra démontrer que ses réformes ne se font pas au détriment de l’accès aux soins, mais dans le respect du droit fondamental à la santé.











































