Pour inaugurer leur campagne contre la nouvelle Constitution, la plateforme Ensemble pour le Gabon a choisi Nzeng-Ayong GP, un quartier symbolique de Libreville, pour lancer son appel au « non ». Lors de ce meeting du 9 novembre, de nombreuses personnes sont venues écouter les arguments portés par l’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui conteste avec vigueur ce texte, critiquant six points clés de la réforme constitutionnelle.
Face à la foule rassemblée, Bilie-By-Nze, responsable de la plateforme Ensemble pour le Gabon, a martelé : « La Constitution n’avait aucun problème, le problème était les hommes », dénonçant ainsi une modification jugée inutile et motivée par des intérêts personnels. Pour lui, la transition militaire, qui a promis de rétablir un régime civil, n’a fait qu’entraver la véritable alternance démocratique. Il affirme : « Le coup d’État n’a pas été fait pour l’alternance », pointant du doigt une volonté d’empêcher Albert Ondo Ossa, qu’il considère comme « le vrai vainqueur de l’élection présidentielle », d’accéder au pouvoir.
Parmi les six éléments rejetés par Ensemble pour le Gabon, figurent le mandat présidentiel de 7 ans, l’amnistie des auteurs du coup d’État sans enquête sur les crimes commis, et une concentration excessive de pouvoirs entre les mains du président. En outre, ils dénoncent l’exclusion de plusieurs groupes – jeunes de moins de 35 ans, personnes âgées de plus de 70 ans, handicapés, diasporas et binationaux – ainsi que l’affaiblissement du rôle du Parlement.
L’ancien Premier ministre a également fustigé la tournure que prend cette révision constitutionnelle : « Le Gabon n’est pas né le 30 août 2023 », a-t-il insisté, ajoutant que cette constitution semble effacer l’héritage de figures historiques telles que Léon Mba et Omar Bongo. Selon lui, « cette Constitution est mauvaise » car elle ne permet pas un équilibre des pouvoirs. Par ailleurs, il a invité le président de la Transition à un débat télévisé pour confronter les idées autour de cette nouvelle loi fondamentale.
Les partisans du « non », à l’instar de la juriste Marlène Essola Efoutame, partagent cette vision et estiment que « cette Constitution célèbre le crime », en conférant tous les pouvoirs à un seul homme. Pour eux, rejeter cette Constitution est un acte citoyen pour préserver les valeurs républicaines et la démocratie.


























