Le 5 octobre 2024, plusieurs figures de la société civile gabonaise ont pris part à une conférence de presse visant à éclairer le public sur les enjeux du référendum constitutionnel à venir. Justine Judith Lekogo, députée de l’Assemblée nationale de transition, Edmond Okmvélé, sénateur de la transition, et Aminata Ondo, 2ème secrétaire du Conseil économique, social et environnemental, ont défendu les mérites du projet de constitution en cours. Ces personnalités ont présenté les raisons de soutenir le « Oui » lors de ce scrutin historique.
Le référendum portant sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, prévu pour 2024, alimente de nombreuses discussions au sein de l’opinion publique. Dans ce contexte, Justine Judith Lekogo a tenu à effectuer une comparaison entre la Constitution de 1991 et le projet actuel. Selon elle, la Constitution de 1991 comporte des lacunes dès son préambule, notamment en matière de démocratie et de souveraineté populaire. « La nouvelle Constitution introduit deux avancées majeures : d’une part, la démocratie pluraliste, qui permet aux citoyens de choisir leurs représentants, et d’autre part, la démocratie participative, renforçant la participation directe des Gabonais aux décisions publiques », a-t-elle souligné. Ces innovations, d’après Lekogo, contrastent avec les pratiques antérieures où la souveraineté du peuple était largement contournée par une élite politique restreinte.
Un autre aspect fondamental abordé par la parlementaire concerne la gestion des ressources naturelles. La Constitution de 1991 n’offrait aucune garantie claire quant à la propriété et à la gestion des ressources naturelles, favorisant une répartition inégale des richesses. Le nouveau texte, en son article 42, attribue désormais l’ensemble des richesses du sol, du sous-sol et des eaux territoriales à l’État. « Cette nouvelle disposition permet à l’État de reprendre le contrôle total des ressources naturelles, garantissant ainsi une meilleure redistribution de ces richesses au bénéfice de l’ensemble de la population », a affirmé Justine Judith Lekogo.

De plus, le projet de loi accorde une place centrale à la société civile, un acteur autrefois marginalisé. Lekogo a insisté sur le fait que, pour la première fois, la société civile se voit reconnue un rôle formel dans le système démocratique gabonais, en vertu des articles 47 et 48 du projet de Constitution. « La société civile, longtemps ignorée, retrouve enfin une voix légitime dans la vie politique du pays », a-t-elle déclaré.
Enfin, les conditions d’éligibilité à la présidence de la République ont également été revisitées dans ce projet de loi. La nouvelle Constitution introduit des dispositions empêchant toute modification de la loi fondamentale par le futur président à des fins personnelles. Cette intangibilité de la Constitution, selon la société civile, traduit la volonté du peuple d’assurer une gouvernance équitable et respectueuse des principes démocratiques.

























