La justice sud-africaine autorise le rapatriement du corps d’Edgar Lungu
Un tribunal sud-africain a rendu une décision déterminante concernant la dépouille de l’ancien chef d’État zambien, Edgar Lungu, décédé en juin à Johannesburg. Ce jugement met un terme, du moins temporairement, à une controverse mêlant enjeux familiaux, politiques et protocolaires. Bien que l’ancien président ait exprimé le souhait d’être inhumé en Afrique du Sud, sa famille a vu sa volonté contestée par le gouvernement zambien, qui désirait organiser des obsèques nationales dans son pays d’origine.
Ce litige s’enracine dans les profondes dissensions politiques entre Edgar Lungu et son successeur, Hakainde Hichilema. L’antagonisme entre les deux hommes remonte à plusieurs années, notamment à l’incarcération de Hichilema en 2017 sous la présidence de Lungu. Plus récemment, en 2024, Lungu avait encore publiquement accusé son successeur de harcèlement politique, témoignant de la persistance de cette animosité. C’est dans ce contexte de rivalité historique que la controverse autour de la dépouille a pris une ampleur singulière.
En dépit de ces tensions et des dernières volontés présumées du défunt, le tribunal sud-africain a finalement donné raison à l’État zambien. Le président du tribunal a souligné le caractère prééminent du protocole d’État en la matière, affirmant que même en cas de refus initial de funérailles nationales par un ancien président, les intérêts publics et le protocole doivent prévaloir. Cette décision établit un précédent significatif, affirmant la primauté des devoirs étatiques sur les dispositions individuelles.
Le gouvernement zambien a accueilli favorablement cette décision, y voyant un moyen d’apaiser la polémique. Toutefois, la famille d’Edgar Lungu conserve le droit de faire appel. Le rapatriement imminent de la dépouille mettra fin à une période de débats houleux autour de l’héritage de l’ancien président, permettant à la Zambie de lui rendre les honneurs funéraires qu’elle juge appropriés.

























