Alors que la transition politique au Gabon amorcée par le coup d’État du 30 août 2023 semble s’acheminer vers une présidentielle anticipée, l’opposition tente de s’organiser. Selon Jeune Afrique, la date du 22 mars 2025, bien que non confirmée officiellement, reflète « une volonté manifeste de Brice Oligui Nguema de tourner la page du régime instauré après le putsch ». Mais dans un contexte marqué par le flou et des réformes électorales restrictives, l’opposition parviendra-t-elle à s’unir ?
Une opposition fragmentée, mais en mouvement
Malgré l’intégration de nombreuses figures de l’ancienne opposition dans la transition, certains leaders politiques résistent. Parmi eux, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba. Après un passage discret à Paris, il a participé, le 8 janvier, à une déclaration politique à Libreville. Selon Jeune Afrique, cette rencontre a marqué la naissance d’une coalition inédite, l’« Initiative pour des élections post-transition pacifiques, démocratiques, inclusives, libres et transparentes ».
Aux côtés de Bilie-By-Nze, Albert Ondo Ossa, ex-candidat unique de l’opposition en 2023, continue de critiquer la transition actuelle et la candidature probable d’Oligui Nguema. « L’abstention massive lors du référendum prouve que les Gabonais rejettent le CTRI », a-t-il déclaré, dénonçant une manipulation des réseaux sociaux par des comptes robots en faveur du président de la transition.
Parmi les alliés de cette initiative figure également Pierre-Claver Maganga Moussavou, ancien vice-président et leader du Parti social-démocrate. Celui qui a été candidat à cinq reprises à la présidentielle au Gabon insiste sur la nécessité de défendre la démocratie : « Le CTRI ne peut agir de manière arbitraire. C’est pourquoi je prends souvent la parole. »
Un contexte électoral sous tension
La nouvelle Constitution adoptée par référendum complique les perspectives de l’opposition. Comme l’explique Jeune Afrique, « le durcissement des critères d’éligibilité réduit les chances des figures d’opposition de se présenter ». Cette situation est aggravée par l’absence d’un calendrier électoral précis, que certains interprètent comme une tactique de déstabilisation.
En parallèle, Oligui Nguema consolide son pouvoir. Favori du scrutin, il a réussi à maintenir autour de lui des piliers du Parti démocratique gabonais tout en contentant l’armée et en multipliant les efforts pour améliorer son image internationale. Cependant, sa gouvernance reste fragilisée par la suspension du Gabon des instances de l’Union africaine.
Des perspectives incertaines
À ce jour, rares sont les figures capables de rivaliser avec Oligui Nguema. Tandis que certains anciens membres de la coalition Alternance 2023 ont rejoint la transition, seuls Bilie-By-Nze et sa plateforme Ensemble pour le Gabon se démarquent. Comme le souligne Jeune Afrique, l’opposition n’exclut pas de présenter plusieurs candidats au premier tour, rompant avec la stratégie de candidature unique adoptée en 2023.
Dans ce contexte flou, la présidentielle au Gabon s’annonce comme un test crucial pour l’avenir démocratique du pays. La question demeure : qui osera défier Oligui Nguema ?


























