L’adoption récente du Code électoral par les autorités gabonaises suscite une levée de boucliers au sein de l’opposition, notamment la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et la plateforme Telema. Ces organisations dénoncent la légalisation de la participation des magistrats et des militaires aux élections, y voyant une menace pour la démocratie et un risque de politisation de corps censés garantir l’État de droit. À leurs yeux, cette réforme introduit des conflits d’intérêts préoccupants et pourrait engendrer de graves contentieux post-électoraux, notamment en cas d’affrontement entre un candidat civil et un magistrat, ou entre un militaire et un magistrat.
Mais au-delà de cet enjeu institutionnel, c’est l’anticipation du scrutin présidentiel qui cristallise les tensions. Initialement prévue à partir d’août 2025 selon le chronogramme de transition dévoilé en novembre 2023, l’élection présidentielle a été avancée au 12 avril 2025. Une décision perçue comme une manœuvre destinée à écarter toute candidature alternative et à permettre au pouvoir militaire de consolider son emprise sur le pays. La CNR et Telema estiment que cette précipitation trahit l’engagement initial du général Brice Clotaire Oligui Nguema, principal instigateur du coup d’État d’août 2023, qui s’était engagé à respecter un processus de transition structuré.
C’est dans ce contexte que ces deux plateformes politiques appellent les autorités morales du pays, les leaders religieux ainsi que les institutions nationales et internationales à dissuader le chef de l’État de briguer un mandat présidentiel. Pour elles, toute candidature d’Oligui Nguema mettrait en péril la crédibilité de la transition et raviverait les craintes d’une confiscation du pouvoir par l’armée.
Alors que le débat s’intensifie, une fracture nette se dessine entre partisans et détracteurs du président de la transition, rendant incertaine l’issue de ce processus électoral.


























