La fin des grèves à la Douane et aux Eaux et Forêts sonne comme un coup de clairon dans la cour d’honneur de l’État. Désormais intégrées aux forces de défense et de sécurité, ces administrations stratégiques sont appelées à changer de pas, de posture et de langage. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’a rappelé avec fermeté, ce mercredi 7 janvier, lors de la cérémonie de présentation des vœux des forces de défense et de sécurité à la présidence : dans les rangs en uniforme, la grève n’a plus droit de cité.
Dans une allocution à la tonalité martiale, le chef de l’État a tracé une ligne claire, droite comme une baïonnette. En rejoignant les forces de sécurité, les agents des Douanes et des Eaux et Forêts ont franchi un seuil irréversible. Ils ne sont plus de simples corps administratifs, mais des unités engagées dans la défense de l’ordre, de l’économie nationale et de l’intégrité du territoire. À ce titre, le droit syndical et les mouvements sociaux appartiennent désormais au passé.
« Les forces de défense et de sécurité n’ont pas de syndicats. Dès lors que vous intégrez ces forces, vos syndicats sont dissous. Plus de grèves », a martelé le président, dans un rappel qui a valeur d’ordre de service. Le message est sans ambiguïté : la discipline remplace la revendication, le commandement supplante la contestation, et l’obéissance devient la colonne vertébrale de l’action publique.
À l’image d’un corps mis au garde-à-vous, ces administrations sont désormais soumises au code d’honneur militaire, ce socle invisible mais implacable qui régit la conduite, le devoir et le sacrifice. Le président a averti que toute entorse à cette règle exposerait les contrevenants à des sanctions sévères, allant jusqu’aux poursuites judiciaires et à l’emprisonnement dans les cas les plus graves. Ici, la faute n’est plus une simple irrégularité administrative : elle devient manquement à la Nation.
Mais derrière la rigueur du ton, le chef de l’État a également souligné les bénéfices de cette intégration. En enrôlant la Douane et les Eaux et Forêts dans l’architecture sécuritaire, le Gabon renforce son dispositif de contrôle, élargit son maillage territorial et consolide la protection de ses ressources. La réforme s’inscrit dans un projet global de redynamisation, où chaque agent devient sentinelle de l’intérêt général.
Brice Clotaire Oligui Nguema a enfin appelé à une transformation visible, presque symbolique, du comportement des agents. L’uniforme ne doit pas être un simple vêtement, mais une seconde peau, porteuse d’exemplarité et de fierté. « Inspirez confiance, défendez l’honneur de vos unités », a-t-il exhorté, plaçant la lutte contre la corruption au cœur de cette nouvelle doctrine. Dans ce nouveau bataillon administratif, la vigilance devient une arme, l’intégrité un devoir, et le silence face aux dérives une trahison.
Ainsi, au son feutré des tambours républicains, la grève est mise au repos forcé. À la Douane comme aux Eaux et Forêts, l’heure n’est plus aux mots d’ordre syndicaux, mais aux ordres tout court. La République a sifflé la fin de la récréation ; désormais, c’est le service qui commande.










































