Alors que le ministère du Pétrole et du Gaz multiplie les annonces pour relancer le secteur énergétique gabonais, plusieurs enjeux cruciaux demeurent dans l’angle mort du discours officiel. Sous la houlette de Sosthène Nguema Nguema, le ministère affiche une volonté affirmée de repositionner le Gabon comme un acteur majeur de l’exploration pétrolière en eaux profondes. Pourtant, derrière cette ambition se cachent des problématiques structurelles que les autorités peinent à aborder frontalement.
Parmi les sujets sensibles figure la transparence des coûts pétroliers. Une étude récente de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) révèle des écarts significatifs entre les coûts déclarés par les entreprises et ceux enregistrés par l’administration. Ces disparités, parfois supérieures à 100 %, soulèvent des interrogations sur la rigueur du contrôle étatique et la sincérité des déclarations fiscales .
Autre point d’achoppement : la sous-traitance abusive. Le recours massif à des prestataires locaux, souvent sous-payés et mal protégés, crée une précarité systémique dans les bassins pétroliers. Le ministre du Pétrole a dénoncé cette pratique, promettant des sanctions, mais les mécanismes de régulation restent flous.
Les conditions de travail, notamment l’équité salariale entre expatriés et nationaux, font également l’objet de critiques récurrentes. Si des engagements ont été pris pour harmoniser les rémunérations, les syndicats restent sceptiques quant à leur mise en œuvre effective.
Enfin, les enjeux environnementaux et sociaux démantèlement des sites non productifs, formation locale, inclusion des femmes sont rarement intégrés dans les priorités stratégiques. Cette omission fragilise la durabilité du modèle pétrolier gabonais.
À l’heure où le Gabon cherche à séduire les investisseurs internationaux, une approche plus holistique et transparente s’impose. Le succès de la relance du Pétrole ne pourra se mesurer uniquement en barils extraits, mais aussi en équité, en gouvernance et en responsabilité sociale. Le ministère est désormais face à un impératif : transformer l’ambition en action, et l’action en confiance.









































