Le 5 février, les ministres des Transports et des Comptes publics ont officialisé la signature du contrat de concession de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (C2N2I au profit du groupe Ebomaf, pour une durée de 20 ans. Cette décision marque un tournant majeur pour le secteur du transport maritime gabonais, avec pour objectif affiché de moderniser et de redorer l’image de cette entreprise nationale.
L’État gabonais a officiellement effectué sa transition stratégique pour le transport maritime. Le mercredi 5 février, le ministre des Transports et de la Marine marchande, Jonathan et Ignoumba, et celui des Comptes publics, Charles M’Ba, ont signé le contrat de mise en concession de la C2N2I au profit du groupe Ebomaf. Avec cette mise en concession, l’État gabonais transfère pour une durée de 20 ans la gestion de la CNNII à Ebomaf, un groupe international privé connu pour ses investissements dans les infrastructures et le transport.
Si la cérémonie de signature de ce contrat s’est déroulée dans la foulée de la passation de charge entre Marie Sylvie Mistoul Ntchorere, la nouvelle directrice générale de la C2N2I et Ghislain Moussavou Moussavou, le directeur général sortant, ce dernier a assuré que cette transition s’inscrit dans le cadre des instructions de Brice Clotaire Oligui Nguema. «Le président de la Transition m’a donné la mission d’effectuer la transition de la CNNII vers Ebomaf. Aujourd’hui, on en arrive à faire cette passation», a-t-il déclaré, animé d’un sentiment de devoir accompli. Toutefois, il a été surpris par sa passation de charges ce jour puisque lui et son adjoint Alexis Mpiga seraient venus ce jour pour la cérémonie de concession et ne s’attendaient à partir que lors du prochain Conseil des ministres. Naviguant en eaux troubles depuis plusieurs années, la CNNII espère, avec cette mise en concession, retrouver la stabilité économique et opérationnelle qui lui fait défaut.
La C2N2I souffre d’une dette importante envers ses fournisseurs et ses employés accumulent 17 mois d’arriérés de salaires. Marie Sylvie Mistoul Ntchorere, qui espère redresser la barre, apprécie donc l’importance de ce transfert pour assurer un avenir plus dynamique et performant à la compagnie. Elle devient la première femme à occuper ce poste après un peu plus de 40 ans. Ebomaf, pour sa part, se positionne comme «un partenaire fiable» au Gabon. Déjà reconnu pour ses réalisations dans le domaine des Bâtiments et Travaux publics (BTP) et de l’aviation, le groupe Ebomaf entend désormais étendre ses investissements au secteur maritime gabonais.
«Le groupe Ebomaf, après ses performances dans les BTP et en aviation, envisage des investissements dans le domaine maritime», a déclaré Aboubacar Beye, le coordinateur des Affaires d’Ebomaf au Gabon. Cette initiative devrait permettre de moderniser les infrastructures portuaires et d’améliorer les services de transport maritime du pays. Avec cette nouvelle gestion privée, les attentes sont nombreuses en termes d’efficacité, de qualité des services et de rentabilité économique, et pour le personnel, cette nouvelle étape est synonyme d’espoir. Reste à voir comment cette transition se concrétisera sur le terrain et quels seront les premiers effets pour les usagers et les acteurs du secteur.
Cette concession de la C2N2I devra être examinée entre les parties pour qu’au terme de celle-ci les investissements reviennent réellement au Gabon avec une flotte sous pavillon gabonais et non Ebomaf. Outre cet aspect, un business plan devra être présenté par Ebomaf à la partie gabonaise dans les 30 jours. Dans ce business plan, l’état des lieux doit être décliné et les activités qu’Ebomaf va mener au Gabon dans le cadre de cette concession vont être déclinées. Le procès-verbal, qui est le lien juridique, a été signé par les ministres des Transports et des Comptes publics, qui va ramener un avenant n°3 pour compléter le contrat de concession qui devrait être bien rédigé.
Ebomaf pourra-t-il payer les 17 mois d’arriérés de salaire des agents de la C2N2I en 48 heures comme cela aurait été dit? Dans tous les cas, le maçon sera jugé au pied du mur dans les jours à venir.


























