Le drame survenu ce début de semaine à Oyem, où un adolescent de 13 ans a été violemment percuté et traîné sur près de 30 mètres par un véhicule hors de contrôle, soulève une onde de choc bien au-delà de la ville selon nos confrères de l’Union. L’élève, inscrit en classe de 3e au CES Édouard Ekogha-Mengue, se trouvait sur un trottoir au lieu-dit Foire d’Oyem, un espace censé être sécurisé, lorsqu’une Toyota Avensis conduite par un jeune étudiant a quitté la chaussée, fauchant au passage des étals et le jeune garçon.
Ce drame d’Oyem n’est pas un accident isolé. Il est le symptôme d’un mal plus profond : l’insécurité chronique de nos espaces publics. Trottoirs encombrés, absence de barrières de protection, signalisation défaillante, contrôle technique laxiste… autant de facteurs qui transforment les rues en zones de non-droit, où la vie des piétons, en particulier celle des enfants, est constamment menacée.
L’enquête évoque une possible défaillance du système de freinage. Mais au-delà de la mécanique, c’est la responsabilité collective qui est en cause. Où sont les politiques locales de prévention routière ? Quelles mesures concrètes sont prises pour sécuriser les abords des établissements scolaires ? Pourquoi les conducteurs continuent-ils à circuler sans formation adéquate ni conscience civique ?
Ce drame doit être un électrochoc. Il appelle à une réforme urgente de la sécurité routière, à une refonte de l’aménagement urbain, et à une mobilisation citoyenne pour exiger des comptes. Les autorités locales doivent sortir de l’attentisme et mettre en place des dispositifs de protection efficaces : ralentisseurs, barrières, patrouilles de contrôle, campagnes de sensibilisation.
L’enfant blessé lutte aujourd’hui pour sa vie. Mais c’est toute une société qui doit se réveiller. Car chaque accident évitable est une défaite de la République. Et chaque vie sauvée est une victoire du civisme, de la responsabilité et de l’humanité.
Le Gabon mérite des villes sûres, où les enfants peuvent marcher sans crainte. À Oyem, le sang versé sur le bitume doit devenir le point de départ d’un sursaut national.


























