Le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, a annoncé le lancement d’une enquête nationale de satisfaction visant les services de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC). Cette initiative, présentée comme un levier de transparence et de redevabilité, intervient dans un contexte où l’ANUTTC cristallise depuis plusieurs années les frustrations des usagers.
Longtemps perçue comme une forteresse bureaucratique, l’ANUTTC souffre d’une image ternie par des lenteurs administratives, des procédures opaques, et une gouvernance souvent jugée déconnectée des réalités citoyennes. Retards dans le traitement des dossiers fonciers, manque de clarté dans les démarches, absence de suivi, et parfois même des soupçons de pratiques peu orthodoxes : les griefs sont nombreux et persistants.
L’enquête, accessible en ligne et via QR code, se veut un outil de diagnostic participatif. Elle permettra aux citoyens de s’exprimer librement sur la qualité des services reçus, l’accueil, les délais, et la transparence des opérations. Mais au-delà de la collecte de données, c’est la capacité de l’État à agir sur les dysfonctionnements identifiés qui sera scrutée.
Cette démarche, bien que saluée pour son intention, soulève une interrogation fondamentale : l’ANUTTC est-elle prête à se réformer en profondeur ? Car il ne s’agit plus simplement d’améliorer l’image d’une institution, mais de restaurer la confiance dans un secteur aussi sensible que celui du foncier, où les enjeux économiques, sociaux et politiques sont majeurs.
Le Gabon ne peut prétendre à une gouvernance moderne sans une refonte sérieuse de ses agences stratégiques. L’ANUTTC, en tant que pilier de la gestion territoriale, doit sortir de l’ornière administrative et s’ouvrir à une culture de performance, de transparence et de service public.
Cette enquête est un test. Un test de volonté politique, de maturité institutionnelle, et de respect envers les citoyens. À l’ANUTTC de prouver qu’elle peut être autre chose qu’un symbole d’immobilisme.


























