Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la Transition au Gabon, envisage de convoquer une élection présidentielle avant la date initialement prévue. Selon plusieurs sources concordantes, cette élection pourrait se tenir d’ici mars 2025, une anticipation motivée par divers facteurs.
D’après un proche du président, son voyage en France pour assister à l’ouverture des Jeux Olympiques de Paris a été l’occasion de solliciter discrètement le soutien de la France pour l’organisation de cette élection présidentielle anticipée. Ce soutien international semble crucial pour Oligui Nguema, qui cherche à légitimer cette démarche exceptionnelle.
En plus du soutien français, le Secrétaire d’État adjoint américain, Kurt Campbell, lors de sa visite à Libreville en juillet, aurait exprimé le désir des États-Unis de voir la transition gabonaise se conclure rapidement. Selon un parlementaire de la Transition, dans un entretien exclusif avec Gabon Mail Info, les États-Unis et leurs alliés anglo-saxons souhaitent une transition de 12 à 18 mois maximum. Cette position met une pression supplémentaire sur les autorités gabonaises pour accélérer le processus.
Cette volonté d’anticiper l’élection a également été confirmée par Africa Intelligence dans son édition du 26 juillet 2024. Le général président Oligui Nguema désire réduire la période de transition, estimant qu’elle handicape la gestion économique du pays. En effet, plusieurs projets nationaux sont retardés, et la stabilité financière du Gabon est compromise.
Une transition économique sous tension
Lors d’une allocution à Moanda, Oligui Nguema a souligné l’urgence de sortir de la Transition pour relancer l’économie : « Si on veut réaliser ces projets, il faut vite sortir de la Transition et pour en sortir on aura besoin de vous. Plus vite on sort de là, plus vite on va lever les capitaux pour réaliser tous ces projets que vous demandez. », rapporte notre confrère de Dépêches 241. Il a insisté sur le fait qu’aucune banque n’accepterait de financer un État en transition, soulignant la frilosité des institutions financières face à cette situation.

Le média Africa Intelligence rapporte également que le scrutin, initialement prévu pour août 2025, pourrait être avancé à avril 2025 pour des raisons politiques, économiques et sociales, selon les conseillers d’Oligui Nguema.
Une popularité en déclin
Depuis son arrivée à la tête de l’État le 30 août dernier, la popularité d’Oligui Nguema a connu une érosion progressive. Cette désaffection est en grande partie due aux choix controversés des hommes qui l’entourent, notamment des membres du Parti Démocratique Gabonais (PDG) accusé d’avoir plongé le pays dans le chaos. Le président semble avoir privilégié des alliances opportunistes, récompensant des activistes au détriment de ceux ayant réellement risqué leur vie pour la nation. Cette élection anticipée pourrait lui permettre de se débarrasser de ces éléments gênants et de consolider son pouvoir.
L’élection présidentielle anticipée de 2025 permettrait aussi au président Oligui Nguema de prendre de cours ses futurs adversaires politiques et la tournée républicaine serait une sorte de pre-campagne pour la présidentielle .
Un chemin semé d’embûches
Cependant, la route vers cette élection n’est pas sans obstacles. La transition a mis en lumière les contradictions d’Oligui Nguema. Venu initialement pour restaurer les institutions, il s’est ensuite concentré sur de vastes chantiers, tentant de gagner la sympathie populaire. Mais comme le souligne un cadre des régies financières. Il s’est mis en difficultés au point où il se sent condamné à finaliser les travaux lancés en grandes pompes. Il s’est « tiré une balle au pied ». « On ne lance pas des grands travaux comme il l’a fait rapidement pour continuer à les gérer sous une transition militaire. ».
Un cadre institutionnel favorable
La nouvelle Constitution, issue du dialogue « national inclusif », semble taillée sur mesure pour garantir la victoire d’Oligui Nguema. En adoptant cette Constitution, il se positionne en maître du jeu, avec une avance stratégique sur ses adversaires potentiels. Avec son frère, Dieudonné Aba’a Owono, à la tête de la haute juridiction, il est probable que les éventuels contentieux électoraux soient anticipés et neutralisés, renforçant ainsi ses chances de succès.
Dans ce contexte, il ne fait guère de doute que Brice Oligui Nguema pourrait triompher lors de cette élection présidentielle anticipée, consolidant ainsi sa position de nouvel homme fort du Gabon.

























