Élu avec la promesse d’un Gabon plus moderne et plus inclusif, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la barre haute : accélérer l’accès au logement, moderniser les infrastructures, et propulser le pays dans l’ère numérique. Trois chantiers phares, trois paris politiques, trois terrains minés.
Le président Oligui, le Bâtisseur, veut frapper vite : milliers de logements via partenariats public-privé, projets urbains comme « Libreville 2 ». L’objectif est clair ,désengorger un marché saturé où le rêve d’un toit décent se heurte aux loyers exorbitants. Mais derrière les maquettes futuristes, les écueils sont bien réels : lenteurs administratives, titres fonciers disputés, et soupçons d’attribution clientéliste. Un faux pas, et l’outil de légitimité pourrait se transformer en arme de contestation.
Routes, énergie, chemins de fer, hôpitaux, universités… le Gabon veut se refaire une beauté. Les financements affluent, notamment des partenaires étrangers. Mais à qui profiteront ces grands travaux ? Sans main-d’œuvre locale qualifiée ni intégration des filières, les bénéfices risquent de filer hors frontières. Et si les nouvelles infrastructures ne tiennent pas la route, littéralement, la déception sera à la hauteur des promesses.
Data center national, administration digitalisée, systèmes d’information en santé… sur le papier, la révolution numérique est en marche. Mais dans les faits, la fracture numérique reste béante. Et un autre débat gronde : qui aura la clé de ces données ? Sans lois solides sur la protection des informations, l’outil d’efficacité pourrait se muer en instrument de surveillance politique.
Réussir ces trois chantiers, c’est offrir au Gabon un saut qualitatif et à Oligui le statut de bâtisseur. Les rater, c’est s’exposer à la colère des laissés-pour-compte. Car l’ère de la transition est close : le président élu n’a plus l’excuse du provisoire. La patience des gabonais, elle, a une date d’expiration.
En clair, Oligui n’a pas seulement promis du béton, des câbles et des routes. Il a promis un changement de vie. Et dans un pays où la mémoire des promesses non tenues est longue, l’échec n’est pas une option.
Par Darlyck Ornel Angwe

























