La République gabonaise entre dans une nouvelle ère institutionnelle avec une nouvelle carte électorale. Par la promulgation, ce vendredi 27 juin 2025, de la loi n°020/2025, le Président de la Transition a officiellement entériné la réforme de la représentation parlementaire. Ce nouveau découpage, fruit d’une volonté affirmée d’équité territoriale, confère au Parlement une physionomie inédite, avec désormais 215 élus, contre 122 auparavant, soit 145 députés et 70 sénateurs.
L’Assemblée nationale se voit renforcée, passant de 70 à 145 députés. Ces élus seront répartis au sein des neuf provinces et d’une circonscription dédiée à la diaspora. L’Estuaire, avec ses grands centres urbains, s’octroie 26 sièges, suivi du Haut-Ogooué (23) et du Woleu-Ntem (18). Le Moyen-Ogooué, malgré sa taille plus modeste, conserve 10 députés, tandis que les Gabonais de l’étranger se partageront deux sièges : un pour l’Afrique et un pour le reste du monde.
Cette nouvelle carte électorale se distingue par son approche fine : les circonscriptions sont détaillées à l’échelle des arrondissements, communes et cantons. Par exemple, Libreville se voit attribuer 12 députés, un par arrondissement, soulignant son poids démographique. Akanda, Owendo et Ntoum complètent cette représentation urbaine, tandis que les zones rurales, souvent marginalisées, sont désormais mieux intégrées dans la répartition nationale. Ainsi, des localités telles que Sébé-Brikolo, Mongo ou Lombo-Bouenguidi obtiennent une visibilité politique accrue, rééquilibrant le rapport entre villes et campagnes.
Le Sénat, quant à lui, passe de 52 à 70 sénateurs. Ce renforcement vise à asseoir davantage la légitimité de la Chambre haute. Chaque province y voit ses subdivisions représentées avec précision : l’Estuaire et le Haut-Ogooué conservent leur prééminence avec 13 sénateurs chacun, tandis que le Moyen-Ogooué en comptera trois. La désignation des sénateurs s’effectuera à l’échelle communale ou départementale, dans une logique de proximité avec les territoires.
Port-Gentil, Franceville, Koulamoutou ou encore Tchibanga seront ainsi représentées au Sénat, parfois doublées par un élu issu d’un département adjacent. Les arrondissements de Libreville, bastion démographique, disposeront chacun d’un représentant. Ce maillage territorial vise à refléter au plus juste les réalités sociogéographiques du pays.
Ce remodelage profond du paysage législatif gabonais répond à une exigence de représentativité, tout en renforçant l’ancrage démocratique dans une période de transition politique. Il traduit la volonté du pouvoir actuel d’instaurer une gouvernance plus inclusive, adaptée aux mutations démographiques et aux aspirations des citoyens.
La République s’achemine ainsi vers une nouvelle légitimité institutionnelle, fondée sur la justice territoriale et le respect de l’équilibre national.










































