Des Gabonais en quête d’emploi, pendant que la société sous-traitante d’Olam à Moulengui-Binza s’apprête à recruter de la main-d’œuvre à Dolisie, au Congo.
Les faits se sont déroulés à Moulengui-Binza, dans la province de la Nyanga, au sud du Gabon, où huit jeunes hommes de nationalité congolaise ont été interpellés par la gendarmerie de cette localité. Leur passeur présumé, Christ Makoundji, originaire de Pointe-Noire et âgé de 23 ans, a été arrêté au village dénommé Douki, situé à plus de cinquante kilomètres de la caserne des forces de l’ordre, selon le média Gabon Review. La venue de ces Congolais sur le territoire gabonais avait pour objectif d’intégrer clandestinement le marché du travail.
En effet, le jeune Christ Makoundji est employé depuis un an sur un site agricole nommé FERA, propriété d’Olam. Son commanditaire ne serait autre que son supérieur hiérarchique, un certain Souleymane Abdoulaye, dirigeant de la société NASBI Service Agricole, prestataire de service pour la multinationale singapourienne, Olam. La mission confiée à Christ consistait donc à se rendre à Dolisie, au Congo, afin de recruter huit jeunes compatriotes. Toutefois, cette opération a été déjouée grâce à la promptitude de la brigade de Moulengui-Binza, qui a mobilisé des agents pour une traque active.
Quel était le plan ? Le groupe devait quitter Dolisie le 30 avril, en direction de Banda, un district congolais situé à la frontière du département gabonais de Mongo. Le 1er mai, aux premières heures du matin, les recrues empruntèrent une piste clandestine surnommée « Si Mouzabak », les menant jusqu’au village de Diemba vers 16 heures. Après une interruption, ils reprirent leur chemin à la tombée de la nuit, avec l’espoir de rejoindre Moulengui-Binza avant minuit. Ce dernier point marquait l’étape finale avant leur acheminement vers Mouila, où leur futur employeur les attendait.
Les frontières devenues de véritables passoires, où les individus entrent et sortent à leur guise. L’arrestation de ces huit ressortissants congolais n’a été rendue possible que grâce aux aveux de Christ Makoundji, arrêté en premier par les forces de l’ordre. Sans cette intervention, ils auraient pénétré le territoire gabonais sans grande difficulté, à l’instar de nombreux autres chaque jour. Pendant que la jeunesse gabonaise endure le chômage, l’on se permet de recruter de la main-d’œuvre clandestine. Cela frôle l’irrespect total à l’égard de la politique du chef de l’État. Une enquête est actuellement ouverte, et l’on s’interroge sur le niveau d’implication, voire de connaissance, de la direction générale d’Olam dans ces manœuvres obscures.


























