Le chantier du monument Georges Damas Aléka traverse une nouvelle zone de turbulences. Lundi 27 juillet, l’architecte Erick Mauro Nguémah demeurait absent lors de la visite présidentielle. Pourtant, sa voiture stationnait bien sur les lieux. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a inspecté les travaux sans lui rapporte GabonReview. Le soir même, les autorités l’ont interpellé. Elles l’ont ensuite conduit à la Direction générale des recherches.
Depuis trois ans, l’esplanade dédiée à l’auteur de l’hymne national accuse un retard important. Le chef de l’État avait pourtant fixé une échéance au 17 août. Cette date correspond aussi au 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon. Le monument Monument Damas Aléka comprend huit pavillons représentant chacun une province du pays. Son coût initial s’élève à 8,5 milliards de francs CFA. L’État a récemment débloqué 350 millions de francs supplémentaires. Par ailleurs, cette absence intervient alors que l’échéance présidentielle du 17 août approche désormais très rapidement. Ainsi, chaque semaine compte désormais pour l’équipe du projet. Par conséquent, l’absence de l’architecte a immédiatement suscité des interrogations. En effet, aucune image de la visite ne le montre. Or, il reste le seul responsable du chantier depuis son lancement.
Une garde à vue à visée d’instruction
Selon plusieurs sources proches du dossier, cette interpellation ne viserait pas une inculpation. Elle répondrait plutôt à un simple besoin d’enquête. Autrement dit, la DGR chercherait avant tout à recueillir des informations utiles. Sauf élément nouveau, l’architecte devrait donc retrouver sa liberté rapidement. Néanmoins, le moment choisi interroge fortement les observateurs. De fait, son absence précède immédiatement son interpellation. Cette séquence mêle ainsi pression politique et urgence calendaire.
Un dossier déjà sensible
Début juillet, l’Ordre gabonais des architectes avait publié un mémorandum critique. Ce document évoquait un budget réduit et des délais compressés. Il mentionnait également des modifications imposées en cours de chantier. Ce texte visait à nuancer la responsabilité de l’architecte. Toutefois, le Conseil national de l’Ordre avait dénoncé des propos jugés calomnieux. Aujourd’hui, l’interpellation relance donc ce dossier déjà tendu.
D’ailleurs, Georges Damas Aléka reste une figure majeure de l’histoire gabonaise. Né en 1902, il fut le premier président de l’Assemblée nationale. Il composa aussi « La Concorde », hymne adopté dès l’indépendance en 1960. De plus, ce chant portait à l’origine le titre « Un ciel de Concorde ». Cette appellation fut modifiée en 1960 à la demande des députés. Georges Damas Aléka s’est éteint le 4 mai 1982 à Libreville. Enfin, la capitale gabonaise accueillera l’essentiel des cérémonies officielles du 17 août.











































