Libreville, le 21 janvier 2026- Le Gabon franchit une étape décisive dans la consolidation de sa puissance minière. Ressource stratégique au cœur de la sidérurgie moderne et des batteries de véhicules électriques, le manganèse devient désormais un levier assumé de transformation structurelle de l’économie nationale.
Dans cette dynamique, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, s’est entretenu avec l’Ambassadeur de France autour d’un axe central : le développement de la transformation locale du manganèse. Au-delà des échanges diplomatiques, il s’agit d’un choix politique clair, inscrit dans la vision de la Vᵉ République : rompre avec le modèle extractif brut et bâtir une industrie à forte valeur ajoutée.
L’ambition affichée est sans équivoque : atteindre 100 % de transformation locale du manganèse d’ici 2029. À la clé, une projection de près de 16 000 emplois directs et indirects, majoritairement qualifiés, capables de structurer durablement le marché du travail national et de stimuler la montée en compétences de la jeunesse gabonaise.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique et de positionnement du Gabon comme hub industriel régional, capable de capter, transformer et redistribuer la valeur sur le continent africain. Des partenariats structurants ont déjà été noués avec des entreprises japonaises et chinoises, traduisant l’attractivité croissante du pays et la crédibilité de sa trajectoire industrielle.
La transformation locale ne se limite toutefois pas à l’usine et à la chaîne de production. Les autorités gabonaises ont insisté sur l’intégration d’engagements forts en matière de développement durable, incluant la création d’infrastructures sociales, l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines et le respect des normes environnementales. L’industrialisation ne se veut pas prédatrice, mais inclusive et responsable.
Si cette stratégie atteint ses objectifs, elle pourrait redessiner le tissu industriel gabonais, réduire la dépendance aux exportations brutes et servir de modèle inspirant pour d’autres pays africains désireux de reprendre la maîtrise de leurs ressources naturelles.
Le manganèse, longtemps symbole d’une richesse exportée à l’état brut, pourrait ainsi devenir l’emblème d’une Afrique qui transforme, innove et décide pour elle-même.
Comme le dut un proverbe de Lambaréné :
« Le bois qu’on polit chez soi chauffe mieux que celui qu’on vend encore vert. »

























