Dans l’ombre des constructions monumentales de Libreville, une crise insidieuse frappe les ouvriers travaillant sur la voie de contournement reliant Okala, Mikolongo et Alibadeng dans le premier arrondissement de la ville de Libreville, capitale gabonaise. Ces travailleurs, engagés dans un chantier crucial, subissent des retards de paiement récurrents de leurs salaires. Cette situation met en péril non seulement leur quotidien, mais également celui de leurs familles, exposées à des menaces d’expulsion et à une précarité grandissante.
Malgré un labeur acharné, ces ouvriers peinent à subvenir à leurs besoins essentiels, tandis que les dirigeants de l’entreprise semblent jouir d’un confort inébranlable. Cette disparité accentue le sentiment de mépris et d’injustice ressenti par les travailleurs.
En réponse, ils ont instauré un service minimum, réduisant leur journée de travail de 7 heures à 18 heures 30 à des horaires moins exténuants, de 7 heures à 16 heures, en raison des insuffisances financières.
Les difficultés de paiement émanent principalement du sous-traitant GSEZ AIRPORT, incapable d’honorer ses engagements financiers, plaçant ainsi environ 220 employés sous la menace imminente d’un licenciement économique. Ce risque se profile dans un contexte de chômage élevé où les autorités s’efforcent de stabiliser l’emploi en intégrant davantage de jeunes Gabonais dans la fonction publique. Cependant, l’inaction de cette société sous-traitante semble contrecarrer les efforts nationaux, plongeant les familles des ouvriers de cette voie de contournement de l’aéroport de Libreville dans une incertitude dévastatrice.
Les travailleurs dénoncent également des violations flagrantes du code du travail. Lors de discussions avec le ministre du Travail, Solange Nguiakie, il a été révélé que leurs contrats de travail étaient falsifiés.
Ainsi, depuis plus de deux ans, ces ouvriers de la voie de contournement de Libreville exercent sans aucune sécurité juridique. Les tentatives des journalistes de Gabon 1ère pour obtenir des explications de la part des dirigeants de l’entreprise se sont heurtées à un silence obstiné, ajoutant à l’opacité de la situation.
En parallèle, le calendrier du projet a subi des retards significatifs. Initialement prévue pour fin juillet 2023, l’ouverture de la voie de contournement de l’Aéroport de Libreville (ADL) a été repoussée à janvier 2024, selon une annonce faite par Afcons en septembre dernier. Lors d’une visite sur le site le 3 octobre, le ministre des Transports, capitaine de vaisseau Loïc Moudouma Ndinga, a exigé une accélération des travaux, fixant désormais la livraison à décembre 2024 au plus tard.
Cette situation met en lumière la dichotomie entre l’aspiration à un développement infrastructurel rapide et les réalités cruelles du monde du travail. Les ouvriers, invisibles dans l’euphorie des projets ambitieux, subissent une précarité alarmante qui exige une intervention urgente et une réévaluation des pratiques employeur-travailleur pour assurer des conditions de travail dignes et justes.


























