Le second tour des élections législatives du 11 octobre 2025 a offert un spectacle politique contrasté au Gabon. Si le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a prouvé sa résilience en remportant tous les principaux affrontements directs contre l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) du président Oligui Nguema, cette performance ne suffit pas à inverser la tendance globale : l’UDB semble assurée de conserver une majorité absolue à l’Assemblée nationale, selon des informations tirées de Gabonactu.
Les résultats provisoires des duels de ballottage montrent une victoire nette des cadres du parti historique. Blaise Louembé, président du PDG, a vaincu Hilarion Landa à Koula-Moutou. À Mayumba, Angélique Ngoma a fait de même contre l’UDB. Le revers le plus symbolique pour le pouvoir en place est peut-être la chute de Paul-Marie Gondjout, ministre de la Communication, battu à Lambaréné par l’ancienne ministre PDG Madeleine Berre. De même, Jean-François Ndongou, figure de la Transition, a assuré sa place à Mandji.
Cependant, ces victoires du PDG, qui pourrait devenir la deuxième force politique du pays, ne remettent pas en cause la position dominante de l’UDB. Forte de ses 54 élus dès le premier tour, l’UDB conserve une avance confortable pour former le prochain gouvernement. Le parti présidentiel a d’ailleurs balayé un député de la Transition à Libreville, Geoffroy Foumboula Libeka, qui a rapidement concédé sa défaite.
Un autre élément notable est la performance de l’Union Nationale (UN) de Paulette Missambo, qui a réussi à placer plusieurs élus, notamment en battant l’UDB à Akanda. Le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) d’Alexandre Barro Chambrier se positionne, quant à lui, comme troisième force politique.
Il est crucial de noter le taux de participation extrêmement faible au second tour, bien inférieur aux 50 % du premier, avec souvent moins de 50 votants par bureau. Cette faible mobilisation soulève de sérieuses questions sur la légitimité populaire de cette nouvelle assemblée.
Ces élections dessinent un Parlement où l’UDB aura le dernier mot, mais où le PDG se réaffirme comme une opposition structurée et tenace. Bon courage pour l’analyse de ces chiffres complexes.
Par Yann Yorick Manfoumbi










































