Dans une récente vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Sieur Bitome, de son vrai nom Bienvenu Effayong Obame, a émis des critiques virulentes contre l’Église catholique et sa hiérarchie. Son intervention, tournée sur la cour de l’église paroissiale Saint Pierre de Libreville, aux allures de zèle amer, appelle une clarification factuelle et théologique. Comme le souligne l’Abbé Serge-Patrick Mabickassa, « cette sortie malheureuse mérite une petite catéchèse apologétique ».
En premier lieu, si sieur Bitome exalte à juste titre l’action du Président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a financé la rénovation en béton de ladite cour, il convient de nuancer ses propos alarmistes sur l’état antérieur des lieux. « Il existait déjà une œuvre en goudron, certes marquée par l’usure du temps, mais fonctionnelle », rappelle l’Abbé. Les célébrations paroissiales et diocésaines s’y déroulaient sans entraves majeures, comme en témoigne « le succès du dernier rassemblement des jeunes le 24 novembre 2024, en la solennité du Christ Roi ».
Loin d’être une nouveauté, la générosité présidentielle envers l’Église s’inscrit dans une longue tradition historique. Déjà, « l’empereur Constantin, au IVᵉ siècle, offrit à l’Église des basiliques majestueuses, à l’instar de Saint-Pierre de Rome ». De même, « l’église paroissiale Saint Pierre de Libreville fut un don du Président Omar Bongo Ondimba » lorsque l’ancien site paroissial laissa place à l’actuelle Présidence de la République. Ces actes, souligne l’Abbé Mabickassa, manifestent une symbiose respectueuse entre pouvoir temporel et spirituel.
Concernant les accusations de négligence à l’égard des archevêques Mgr Basile Mvé Engone et Mgr Jean-Patrick Iba-Ba, l’Abbé réfute une telle insinuation : « C’est ignorer les fondements doctrinaux et les contraintes internes de l’Église ». De plus, l’idée d’une « location » des prêtres est inexacte : les honoraires de messes sont régis par des normes claires. En citant l’apôtre Paul : « Que chacun donne sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9, 7), l’Église affirme que l’aide matérielle relève de la générosité, non du commerce.
Enfin, quant au « débordement de zèle » consistant à placer le Président après Dieu dans les célébrations, l’Abbé rappelle que « l’Église prie pour les dirigeants sans jamais confondre adoration divine et culte de la personnalité ». Seul Dieu est adoré, conformément à l’Exode : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi » (Ex 20, 3).
En conclusion, si Bitome est reconnu pour sa sincérité et son franc-parler, « l’émotion l’a ici égaré loin de la vérité équilibrée et convenable ». L’Abbé Serge-Patrick Mabickassa signe ainsi une leçon d’apologétique, rétablissant l’ordre des faits et des principes dans une perspective éclairée.

























