Le tonnerre gronderait sur le royaume, et la pluie des soupçons tomberait dru. L’arrestation du Roi Béni ferait trembler les colonnes du palais comme un séisme venu du fond des âges. Mais serait-ce là la simple justice qui frapperait, ou l’écho d’un complot savamment ourdi dans l’ombre ?
Les langues, affûtées comme des lames, diraient que le monarque aurait lui-même creusé le piège dans lequel il serait tombé. D’autres murmureraient qu’on l’y aurait poussé, tel un fauve traqué au bord du précipice. Faut-il voir dans cette chute une punition méritée, ou l’œuvre invisible d’architectes de l’ombre?
Le Roi Béni aurait-il façonné sa propre couronne d’épines, ou lui aurait-on tressé ce diadème empoisonné dans le secret des antichambres ? La scène politique ne serait-elle qu’un théâtre aux rideaux trop lourds, où l’on joue des tragédies dont le peuple ignore les véritables auteurs?
Les clés du cachot tintinnabuleraient comme un glas, mais la vérité, elle, resterait introuvable, se dérobant telle une fumée insaisissable. Dans ce royaume où les alliances changeraient de visage plus vite que l’ombre au crépuscule, qui tiendrait réellement les fils du destin ?
Ce feuilleton du Roi Béni, loin d’avoir livré son dernier acte, n’en serait qu’à ses premiers frissons. Les masques tomberaient-ils un jour? Ou resterions-nous condamnés à contempler un jeu d’ombres où la lumière ne viendrait jamais?
Une chose est sûre : le rideau ne serait pas prêt de se refermer. Et nous y reviendrions…
Par Darlyck Ornel Angwe


























