Dans un article publié le 8 juillet, le journal français Le Monde met en lumière la situation financière précaire du Gabon et les défis auxquels le général Oligui Nguema doit faire face en moins d’un an après son arrivée au pouvoir qui le mettent sous pression financière Le gel des décaissements par la Banque mondiale, motivé par les impayés du Gabon, a provoqué une onde de choc à Libreville, révélant les difficultés économiques du pays. Malgré les assurances du gouvernement de transition quant à une régularisation imminente de la situation, la confiance des investisseurs reste ébranlée, notamment après la dégradation récente de la note du Gabon par Moody’s, passée de Caa1 à Caa2.
L’analyse du journal Le Monde met en évidence plusieurs points cruciaux. Premièrement, la lettre de la Banque mondiale reflète une profonde préoccupation pour la stabilité financière du Gabon. Les institutions internationales, tout en reconnaissant les errances du régime d’Ali Bongo, craignent que la transition actuelle n’aggrave les problèmes budgétaires. Le taux d’endettement officiel de 54,68% est en décalage avec les projections du FMI, qui prévoit une augmentation significative de la dette, atteignant 78% du PIB entre 2024 et 2025. Ce fossé entre les chiffres officiels et les prévisions internationales souligne un manque de transparence persistant et une possible sous-estimation de la dette réelle.
Ensuite, les actions du gouvernement de transition, bien que visant à redresser l’économie, suscitent des interrogations quant à leur efficacité à long terme. Les nationalisations et les prises de participation dans des entreprises stratégiques telles que la Ceca-Gadis et Assala Energy montrent une volonté de contrôler des secteurs clés. Cependant, ces initiatives, financées par un endettement accru, risquent d’alourdir encore plus le fardeau financier du pays. Le slogan « Gabon first » prôné par les autorités traduit une ambition de relancer l’économie, mais les retours sur investissement ne sont pas garantis à court terme, aggravant ainsi le déficit budgétaire.
Le déficit budgétaire croissant, passé de 1,6% à 3,6% du PIB entre 2023 et 2024, inquiète particulièrement le FMI. Malgré l’augmentation des recettes fiscales et douanières, la proportion élevée des revenus allouée au remboursement de la dette limite les capacités d’investissement pour le développement. Cette situation est un signal d’alarme pour les institutions financières internationales, bien que la bonne volonté des autorités de transition à s’acquitter de leurs obligations soit reconnue.
Enfin, les perspectives de stabilisation financière restent incertaines. La Banque mondiale et Moody’s, tout en soulignant les efforts du gouvernement, mettent en garde contre les défis économiques et sociaux à venir. La nécessité d’un soutien international est évidente, mais la confiance des partenaires dépendra de la capacité du Gabon à mettre en œuvre des réformes structurelles et à garantir une gestion transparente et efficace de ses finances.
Dans tous les cas, le général président Brice Clotaire Oligui Nguema hérite d’un pays mis à mal par ses prédécesseurs, ce qui met davantage sa gouvernance sous pression financière.


























