À l’occasion de la fête du Travail, célébrée le 1er mai 2025, le Cercle des Patrons de la presse privée en ligne (CPPPL) s’est exprimé avec fermeté sur la situation actuelle du secteur médiatique au Gabon. « Le travail, rien que le travail bien fait doit nous emmener à participer activement à l’économie de notre cher pays », a rappelé le président du CPPPL, insistant sur l’importance d’un engagement sincère au moment où le pays s’ancre dans la Vᵉ République.
Mais ce message d’unité et de progrès a été vite rattrapé par des préoccupations majeures. La polémique autour de la répartition de la subvention d’aide à la presse pour la session 2024 a été au cœur de la déclaration. Le CPPPL regrette une gestion opaque du processus, pointant « une posture rigide et injustifiée » du ministère de la Communication. Selon l’organisation, la subvention est devenue « le terreau de la fraude et de la corruption au détriment de la méritocratie ».
En analysant les chiffres, le CPPPL évoque des écarts troublants. « Sur les 62 dossiers à l’étude pour la presse en ligne, seuls 42 médias ont été éligibles. Pour la presse écrite, 27 sur 41. D’où vient donc le chiffre de 79 médias annoncé par le ministère ? » s’interroge le communiqué. Pire encore, des partenaires comme l’OIF, l’UNESCO et la Primature, invités en tant qu’observateurs, « n’ont malheureusement pas pris part à la clé de répartition » et ont même décliné les perdiems proposés.
Les zones d’ombre persistent également sur les montants attribués. Sur les 500 millions de francs CFA alloués, « 15 % ont été alloués au Trésor Public et 10 % aux membres de la Commission », soit un retrait de 117,5 millions. Pourtant, « le ministère a annoncé la somme de 400 977 000 francs CFA répartie comme suit : 250 millions à la presse écrite, et 160 millions à la presse en ligne ». Soit un total de 527,5 millions de francs CFA, largement supérieur à l’enveloppe initiale, révélant ainsi une « incohérence manifeste ».
Le CPPPL exige des mesures concrètes : la publication de la liste des bénéficiaires, l’audit de la session 2024, et la création d’une Commission indépendante de répartition. Il revendique aussi son droit à la présidence tournante du Comité d’organisation de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
« Nous devons prendre nos responsabilités pour ne pas décevoir les aspirations légitimes de nos membres », a déclaré l’organisation, appelant à un changement basé sur « le travail, le mérite et l’égalité des chances ». À la veille de la célébration du 3 mai, qui coïncide cette année avec l’investiture du président élu Brice Clotaire Oligui Nguema, le CPPPL souhaite que cette date symbolique soit « un hommage à la presse internationale en général et gabonaise en particulier ».


























