Les choix énergétiques au Gabon traduisent-ils une stratégie ou une improvisation ? Cette interrogation résume le climat d’incertitude entourant les contrats controversés entre la SEEG, Karpowership, et Aggreko. Entre opacité contractuelle, pressions politiques et recul stratégique, l’affaire soulève d’épineuses questions sur la gestion énergétique nationale.
Quel rôle auraient joué certains responsables dans cette saga ? D’après des sources telles qu’Africa Intelligence et Directinfosgabon, un acteur clé, influent dans le secteur de l’énergie, aurait poussé à la signature hâtive du contrat avec Karpowership. Cette figure, dépeinte comme un roué stratège, aurait convoqué en mai 2024 l’équipe dirigeante de la SEEG pour clôturer les négociations en une journée, malgré des réserves exprimées par le ministère de l’Économie. Peut-on alors écarter l’hypothèse d’une manipulation au sommet de l’État ?
Pourquoi ce contrat fait-il débat ? Signé pour cinq ans, il prévoit que la SEEG achète l’électricité à 123 francs CFA/kWh, soit plus du double du tarif actuel. Karpowership, qui assure fournir une énergie flexible et durable, se retrouve aujourd’hui face à un gouvernement manifestement réticent à honorer ses engagements. Les travaux de raccordement accusant un retard considérable, le navire électrique mouille toujours au large de Libreville sans opérer. Ce blocage pourrait-il refléter une absence de planification ou un rétropédalage d’ordre politique ?
L’émergence d’Aggreko : une alternative ou un retour forcé ? Pendant que Karpowership dénonce une entrave injustifiée à ses opérations, Aggreko renforce sa coopération historique avec la SEEG. Cette firme britannique, bien qu’elle ait réclamé le règlement de dettes antérieures, propose des solutions jugées plus avantageuses, allant jusqu’à envisager une réduction des coûts de l’électricité. Cependant, cette nouvelle dynamique pourrait-elle masquer une incapacité à diversifier les partenaires énergétiques ?
Où se situe la transparence dans tout cela ? Alors que Karpowership revendique une communication ouverte et le respect de ses obligations, le gouvernement semble naviguer dans des eaux troubles. Les clauses contractuelles, lourdes pour la SEEG, n’ont pas été rendues publiques, alimentant les suspicions d’opacité. Pourquoi ne pas publier ces contrats pour apaiser les tensions et rassurer les contribuables ?
Quel avenir pour l’énergie au Gabon ? Entre les exigences de Karpowership, qui réclame déjà des paiements alors que les opérations n’ont pas débuté, et les promesses d’Aggreko d’une électricité moins chère, le pays est à la croisee des chemins. Comment concilier les engagements financiers, les besoins énergétiques et la nécessité d’éviter une crise politique majeure ?
Ce cafouillage pourrait-il préfigurer une nouvelle approche, où l’État imposerait enfin des standards de transparence et de rigueur contractuelle ? Nous y reviendrons.
Par Roland OLOUBA OYABI, Directeur de Publication de Gabon Mail infos, diplômé de l’École supérieure de Journalisme de Lille et de l’Université de Lille puis diplômé en Management de l’Université de Johannesburg


























