Les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré dimanche avoir « frappé par quatre missiles balistiques » le porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans le Golfe. Une annonce démentie peu de temps après par le commandement central américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) qui accuse de « mensonge » les Gardiens.
Avec ses 330 m de long – ce qui en fait l’un des plus grands navires de guerre de l’US Navy -, le « CVN-72 », son nom officiel, est arrivé fin janvier au Moyen-Orient, faisant peser la menace d’une intervention américaine imminente. Mais ce navire – au cœur des forces navales américaines – et un porte-avions en général, ne navigue jamais seul. Il est escorté par son groupe aéronaval, un ensemble de navires destinés à le protéger des attaques extérieures.
« Il y a une espèce de dôme de fer, d’un rayon de plusieurs centaines de kilomètres, qui se déplace autour d’un porte-avions », confirme Alain Coldefy, amiral et ancien commandant de porte-avions et de forces aéronavales, au Parisien.
Une « force navale »
Autour d’un porte-avions, il y a « une force navale », décrit Alain Coldefy. « Par exemple, pour un porte-avions américain, il y a à peu près trois frégates qui sont équipées de moyens de détection et de missiles qui peuvent abattre des missiles hypersoniques dans l’exo atmosphère », détaille-t-il. Il estime d’ailleurs qu’une seule de ces frégates « protège tout le territoire israélien ».
Le porte-avions est aussi escorté par plusieurs destroyers, dont les USS Frank E. Peterson Jr, USS Spruance, qui sont équipés de plusieurs dizaines de missiles de croisière, et notamment des célèbres Tomahawk. « Ils sont capables de tirer à plus de 1 000, 1 500 km de façon très précise », indique l’ancien commandant de porte-avions et de forces aéronavales.
Une protection sous-marine
Le porte-avions dispose aussi d’une protection sous-marine, assurée par des bâtiments de détection (sonar, sonar remorqué, des sous-marins nucléaires d’attaques). Ces derniers « sont en permanence dans l’environnement du porte avion pour contrer toutes les menaces sous-marines qui peuvent exister », explique Alain Coldefy.

« Sous le porte-avions Charles de Gaulle, on a toujours un sous-marin nucléaire d’attaques. Les Américains, en ont toujours deux », mentionne-t-il, indiquant qu’ils ont aussi des capacités de frappes avec des missiles de croisière tomahawk.
Une protection aérienne
Mini-Awacs, avions embarqués « Hawkeye »… La protection des sous-marins se joue aussi dans les airs. Ces avions radars s’occupent de faire de la détection aérienne autour du porte-avions. Le pont d’envol du porte-avions Abraham Lincoln, permet aussi le décollage et l’atterrissage simultanés d’avions de combat, de reconnaissance et d’hélicoptères.
Car un porte-avions américain dispose d’un parc aérien de « 80 à 85 avions de combats et de plusieurs centaines de pilotes », selon l’amiral. « Un seul porte-avions américain, c’est plus que le contrat opérationnel de l’armée de l’air française qui est la première en Europe », poursuit-il.
Le porte-avions est aussi équipé de lanceurs, de systèmes antimissiles, ainsi que de multiples radars sophistiqués et systèmes de guerre électronique. Selon le Wall Street Journal, le « Lincoln » a à son bord quelque 5 000 marins, des avions de chasse F-35C et F/A-18, ainsi que des avions de guerre électronique EA-18G Growler capables de brouiller les défenses ennemies.


























