Ce mardi 06 janvier 2026, la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, à peine reconduite à la tête du département qu’elle dirigeait avant la parenthèse des ministres intérimaires, s’est aussitôt remise à l’ouvrage, comme on replonge dans la mer pour apaiser la houle. Deux séances de travail ont rythmé cette journée charnière: une visioconférence avec les directeurs d’académie provinciale, puis une rencontre en présentiel avec les responsables d’établissements primaires et secondaires de l’Estuaire, au complexe scolaire d’Alibandeng. Au cœur des échanges, la grève déclenchée la veille, étendue à l’ensemble du territoire national. Objectif affiché: proposer des pistes concrètes pour un retour à la normale, dans les plus brefs délais.
Le mouvement de grève, observé depuis le lundi 05 janvier 2026, trouve son origine dans deux revendications majeures: le paiement des vacations liées aux examens et la régularisation des situations administratives. Dossier ancien, mais toujours incandescent, qu’elle connaît «par cœur», et qu’elle entend traiter «de concert avec les enseignants concernés, avec l’appui de l’ensemble du gouvernement».
«Depuis ce matin, j’ai fait le point avec l’ensemble des directeurs d’académie provinciale, puis avec les responsables des zones académiques, afin d’avoir une lecture précise du mouvement de grève observé sur l’ensemble du territoire national», a expliqué la ministre. Elle ajoute avoir voulu «rétablir le contact avec les responsables d’établissements du primaire et du secondaire», tout en rappelant que «les revendications sont légitimes», mais que «la question des situations administratives dépasse le seul cadre de l’Éducation nationale».

La ministre d’État de l’Éducation nationale avec les responsables de zones academies © Gabonmailinfos
Dans un propos pédagogique, elle a détaillé la mécanique institutionnelle de la gestion des ressources humaines: «Nous exprimons les besoins, nous formons les enseignants, mais ils sont recrutés par la Fonction publique, puis mis en solde par le ministère du Budget». Une chaîne aux maillons multiples, dont la résolution impose méthode et patience.
Mais l’urgence demeure la préservation du calendrier scolaire. «Nous devons faire attention à ne pas provoquer un glissement du calendrier scolaire», a-t-elle averti. «Car si le calendrier glisse, ce sont les examens et les concours qui dérapent». Et avec eux, les ambitions des élèves, dont l’accès aux universités nationales et internationales dépend du respect des échéances. «Il ne faudrait pas revivre les situations du passé», a-t-elle insisté.

Interrogée sur le collectif se présentant comme SOS Éducation, la ministre s’est voulue claire: «Je ne peux pas parler d’une entité qui n’existe pas légalement». Elle privilégie donc «la rencontre directe avec les enseignants», appelant à des représentants identifiés et reconnus. Aux parents, enfin, elle a adressé un message d’apaisement: «Après le dialogue, il faudra reprendre le chemin de l’école», afin que «les enfants continuent d’apprendre». Car, au-delà de la crise, c’est l’avenir collectif qui se joue dans chaque salle de classe, où la craie trace les lignes d’une nation en devenir.
Dans cette démarche de concertation, Camélia Ntoutoume Leclercq veut faire du dialogue «la boussole de l’action», convaincue que l’école, maison commune, retrouvera sérénité et confiance par des solutions partagées, responsables, durables, au service exclusif des apprenants gabonais, aujourd’hui comme demain, ensemble, résolument.


























