Dans une décision qui promet de soulager les communautés religieuses et de renforcer le dialogue entre l’État et les organisations cultuelles, le gouvernement gabonais a officiellement adopté l’exonération de la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH) pour tous les lieux de culte. Ce texte, issu de l’article 377 de la Loi des Finances 2026 et signé sous l’impulsion du président de la République, constitue un tournant majeur dans la fiscalité des associations cultuelles au Gabon.
La TFH, qui imposait jusqu’à 10 % du loyer annuel aux bâtiments religieux, pesait lourdement sur les budgets déjà limités des églises, mosquées et temples. Grâce à cette exonération, les responsables peuvent désormais économiser des milliers de francs CFA chaque année, ressources qu’ils pourront réinvestir dans des programmes d’éducation, d’assistance sociale ou dans l’entretien des lieux saints. Le ministre de l’Intérieur, M. Stéphane Ndongou, a précisé : « Cette mesure renforce notre engagement à soutenir la diversité culturelle et religieuse du Gabon tout en garantissant une gestion transparente des fonds publics. »
Pour bénéficier de cette exonération, les associations cultuelles doivent soumettre un dossier d’identification complet auprès des autorités compétentes :
Étape Lieu Documents requis
Libreville Direction Générale des Élections et des Libertés Publiques (DGELP) Copie du récépissé d’association cultuelle + quittance d’électricité au nom de l’association
Province Gouvernorats / Préfectures / Sous-Préfectures Même pièces que ci‑dessus
Le ministère insiste sur la nécessité de fournir une quittance d’électricité récente afin de vérifier la présence effective du lieu sur le territoire national, gage essentiel pour éviter toute fraude fiscale et garantir la fiabilité du recensement national des lieux de culte.
Les organisations religieuses ont déjà exprimé leur satisfaction. La présidente du Conseil des Pasteurs Gabonais, Mme Yvette Kaboré, a déclaré : « Cette mesure est un soulagement immense pour nos paroisses qui consacrent une grande partie de leurs revenus à l’entretien et aux œuvres caritatives. » Les leaders musulmans et hindous ont également salué la décision, considérant cette réforme comme un pas vers une meilleure intégration socio-religieuse et une reconnaissance accrue du rôle des associations cultuelles dans la vie communautaire.
Si l’exonération est largement saluée par les acteurs religieux et le public, elle soulève également des questions sur le financement durable des bâtiments sacrés sans contribution fiscale directe. Le gouvernement devra donc assurer un suivi rigoureux afin d’éviter tout abus tout en continuant à soutenir financièrement les activités communautaires essentielles.
Cette réforme constitue un acte concret du Gabon pour soutenir ses communautés religieuses, tout en renforçant la transparence fiscale et le recensement national des lieux de culte. Elle représente un équilibre délicat entre liberté religieuse et contrôle administratif, désormais plus accessible grâce à cette mesure historique et structurante pour le tissu social gabonais.

























