Ce samedi 19 février 2022, plusieurs gabonais ont suivi ou lu le discours du président de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), par ailleurs ancien adversaire d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle de 2016, Jean Ping, qui se considère toujours comme le « Président élu » du Gabon. Pour lui, le Gabon a basculé dans l’inconnu et les institutions en charge de la déclaration de la vacance du pouvoir doivent le faire.
Jean Ping, qui n’a pas été tendre avec le président de la République Ali Bongo Ondimba, a estimé dans un discours virulent que : « le Gabon a basculé dans l’inconnu » suite à son élection « volée » par le président de la République actuel.
Le Gabon devient très méconnaissable par les gardiens actuels du pouvoir. « Le Gabon est ainsi livré aux aventuriers, aux métèques. Il est pillé, piétiné, martyrisé, humilié. Aux yeux du monde et dans ces conditions, le Gabon mérite-t-il encore d’être considéré comme un Etat? » a t-il déploré.
La révélation de l’incapacité du président Ali Bongo Ondimba de gérer le Gabon
Pour l’opposant Jean Ping, c’est devenu un secret de polichinelle l’incapacité du président Ali Bongo Ondimba de gérer le Gabon et son entourage s’en sert pour ses bénéfices. « Depuis le spectacle affligeant et dévastateur d’Ali BONGO au perron de l’Elysée, en décembre 2021, le peuple gabonais et la Communauté Internationale, ne peuvent plus se retrancher derrière des supputations et prétendre ne rien savoir de l’état réel de la santé d’Ali BONGO.
Plus qu’une intime conviction, il s’agit d’un constat définitivement accablant, qui saute aux yeux du monde : Ali BONGO n’est plus en capacité de gérer sa propre santé, encore moins, de gérer le pouvoir usurpé, au point de servir de marionnette à de nouveaux usurpateurs, qui livrent le pays aux enchères », a déclaré l’opposant gabonais.
Ainsi, il a poursuivi son propos « Le Gabon est devenu un navire sans Capitaine ni boussole, livré au gré des convoitises, notamment aux velléités de celui qui, dans la bande, sera le plus malin, le plus cynique, le plus vorace.
Depuis plus de 5 ans, le Gabon a subi un coup d’arrêt, depuis qu’il a été refusé au peuple Gabonais de disposer de sa souveraineté ».
Selon l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, même s’il fallait forcer les choses à la tête du pays, le président actuel n’est plus à mesure de le faire. « Ali BONGO n’est plus l’horizon du Gabon. Il appartient désormais au passé du Gabon, Ali BONGO, c’est le passif », a t-il précisé.
La nécessité pour la Cour constitutionnelle de déclarer la vacance du pouvoir
« En raison de cette urgence, la vacance de pouvoir et la fin de l’usurpation ne peuvent attendre plus longtemps, sans hypothéquer davantage l’avenir du Gabon.
En conséquence, je demande aux Institutions habilitées par la Constitution, de déclarer la vacance de pouvoir », a annoncé le président de la CNR.
Ce discours de Jean Ping intervient hors des dates habituellement connues par les Gabonais, notamment le 17 août et le 31 décembre. Il se pourrait qu’il y ait un agenda caché car il demeure le seul opposant à tenir tête sans possibilité de négociation avec le régime de Libreville.
Dans tous les cas, le pavé est jeté dans la marre et ce qui est sûr, c’est que le landerneau politique national est secoué par de telles déclarations.

























