Libreville entame le compte à rebours final avant un tournant économique majeur. À quatre mois de l’interdiction du poulet de chair, l’Instat lance une nouvelle enquête. Ainsi, l’ESFAG doit dresser un état précis de la production avicole dans l’Estuaire. Cette démarche vise à sécuriser durablement l’ensemble de la filière nationale.
L’objectif reste limpide : mesurer réellement la capacité avicole nationale. Une mission préparatoire a sillonné Libreville, Ntoum, Kango et Cocobeach fin août. Concrètement, la collecte des données démarre dans quelques jours seulement. Cette phase corrige les failles identifiées lors du premier recensement de novembre 2025. Environ 7 % des informations manquaient dans cette base initiale. De ce fait, les enquêteurs recontacteront 2 178 exploitations déjà visitées. Ils cibleront notamment les 140 producteurs déjà spécialisés dans le poulet de chair local.
Une dépendance encore massive aux importations
L’écart entre consommation et production justifie cette urgence statistique. Entre 2020 et 2024, le Gabon importait 55 000 tonnes annuelles de volaille. Pourtant, la production locale plafonnait autour de 4 000 tonnes par an. Par conséquent, le marché national reste largement tributaire de l’offre extérieure. Le Conseil des ministres avait acté cette interdiction dès mai 2025.
Des investissements massifs pour accompagner la transition
Depuis, le gouvernement construit progressivement les fondations de cette bascule stratégique. En mai dernier, cinq conventions d’investissement ont mobilisé plus de 775 milliards de FCFA. Ces engagements visent à renforcer durablement les infrastructures de production locale. Néanmoins, ces sommes doivent désormais rencontrer une réalité vérifiable sur le terrain. Les prochains mois diront si l’ambition rejoint réellement les capacités locales.
L’enquête, boussole indispensable avant l’échéance
Sans données fiables, l’interdiction avicole pourrait produire l’effet inverse recherché. Une offre locale insuffisante entraînerait mécaniquement des tensions sur les prix. La souveraineté alimentaire exige donc bien plus qu’une simple fermeture des frontières. Elle suppose une filière compétitive en quantité, qualité et prix accessible. La Centrale d’Achat du Gabon a d’ailleurs signé un cahier des charges récent. Ce dispositif facilitera la connexion directe entre producteurs locaux et marché national.
Une échéance qui engage toute une filière
Le 1er janvier 2027 approche inexorablement pour les acteurs concernés. Le Gabon devra prouver sa capacité à tenir cet engagement ambitieux. La vraie réussite consistera à éviter pénurie et flambée des prix. Enfin, cette transition devra générer des emplois durables et des revenus stables pour tous les acteurs impliqués.












































