La grève des taximen de Port-Gentil initiée le mercredi 7 août par la Fédération gabonaise des syndicats des transporteurs terrestres et assimilés (Fegasta) met en lumière les tensions profondes qui minent le secteur du transport urbain. Derrière le mouvement, une série de revendications qui traduisent un malaise structurel et une défiance croissante envers les autorités locales.
Dès 9 heures, les chauffeurs ont paralysé une partie de la ville en se rassemblant au siège du Centre social. Leur principal grief : le silence des autorités face au préavis de grève déposé plusieurs jours auparavant. Mais au-delà de cette inertie, les taximen dénoncent un harcèlement quotidien exercé par certains agents en uniforme, accusés de leur extorquer des sommes allant de 500 à 1 000 fcfa sous prétexte de contrôles routiers.
« Ils nous attendent dans les coins et recoins de la ville pour collecter les 500 francs et 1 000 francs. Non et non ! La situation devient intenable, » s’indigne Cédric Stéphane Nkoghet, leader provincial de la Fegasta.
Autre sujet de discorde : le retour imposé du port de la blouse, jugé archaïque et économiquement contraignant. Les chauffeurs dénoncent un marché opaque attribué à un fournisseur expatrié, avec un prix fixé à 16 000 FCFA pour deux blouses, sans possibilité d’achat à l’unité.
« Où vont les autres 8 000 francs? », questionne un syndicaliste, pointant une gestion peu transparente.
La mairie, de son côté, se dédouane de toute responsabilité dans le choix du fournisseur, tout en défendant la mesure comme un levier de professionnalisation. Mais cette justification peine à convaincre, tant le fossé semble se creuser entre les autorités et les acteurs de terrain.
Face à l’impasse, la Fegasta a instauré un service minimum et appelle à une médiation du gouverneur de province dans cette crise des taximen de Port-Gentil. Cette crise, au-delà de ses aspects conjoncturels, révèle une urgence : celle de réformer en profondeur le dialogue social et les mécanismes de régulation du transport urbain dans la ville économique du Gabon.

























