Libreville, le 28 juillet 2025 . Alors que le Gabon se projette résolument vers l’avenir en cultivant l’entrepreneuriat de demain, le concours national de l’entrepreneuriat sous le thème « Osez Mon Projet », placé sous le haut patronage du Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, et en collaboration avec le Ministère des PME et de l’Entrepreneuriat, entre dans une phase cruciale. Après une première étape d’enregistrement ayant suscité un engouement remarquable avec 1391 candidatures, la phase de sélection et d’auditions, débutée ce jour, se heurte déjà à des remous organisationnels qui pourraient ternir l’éclat de cette initiative louable.
L’objectif de ce concours est indéniablement ambitieux : identifier, accompagner et propulser les jeunes talents entrepreneuriaux du pays. La sélection de 1291 candidats pour la deuxième phase témoigne de la vitalité du tissu entrepreneurial gabonais. La mise en place d’auditions en présentiel pour les candidats de Libreville et en visioconférence pour la diaspora, diffusées en direct sur les chaînes de télévision, vise à garantir une transparence exemplaire et à impliquer le public, dont le vote comptera pour 30% de la note finale. C’est une démarche louable qui vise à démocratiser le processus et à donner une visibilité sans précédent aux projets portés par la jeunesse.
Cependant, derrière cette façade de transparence et d’ambition présidentielle via l’initiative « Osez Mon Projet » , des voix s’élèvent pour exprimer des préoccupations quant à la gestion concrète de l’événement. Des témoignages font état de dysfonctionnements notables dès le premier jour des auditions. Des candidats initialement prévus pour le 28 juillet se sont vus contraints de reporter leur passage au lendemain, le 29 juillet, en raison d’une planification jugée insuffisante par les organisateurs. L’argument avancé – la fatigue des membres du jury, susceptible d’impacter l’évaluation des projets – soulève une question fondamentale : comment une organisation censée anticiper et gérer l’afflux de 1391 candidatures a-t-elle pu se retrouver déborder par la seule journée du 28 ?
Ce manque de prévoyance crée un effet domino potentiellement dévastateur. Les candidats reportés du 28 empiéteront inévitablement sur le programme initialement prévu pour le 29, créant ainsi un engorgement et une confusion qui risquent de nuire à la qualité des évaluations et à la sérénité des candidats. Dans un concours où la rigueur et l’équité sont primordiales, ces couacs organisationnels jettent une ombre sur la crédibilité de l’événement et interrogent sur la capacité de mise en œuvre des structures en charge de sa gestion.
Le Gabon a l’opportunité unique de former ses entrepreneurs de demain. Il est donc impératif que « Osez Mon Projet » soit synonyme d’excellence organisationnelle autant que d’ambition stratégique. Au-delà des discours et des intentions louables, c’est dans la gestion des détails, dans la capacité à anticiper et à s’adapter, que se mesure la véritable portée d’un tel engagement. Le succès de cette initiative dépendra de la rapidité avec laquelle les organisateurs parviendront à corriger le tir et à garantir une expérience équitable et professionnelle pour tous les participants.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi

























