Selon Jeune Afrique, la trajectoire récente d’Ali Bongo Ondimba ressemble à « un voyage sans retour immédiat ». L’ancien président gabonais, qui avait choisi Londres comme point de chute après son départ du pouvoir, Ali Bongo Ondimba se retrouve aujourd’hui immobilisé à Paris. Derrière cette escale prolongée, « un imbroglio administratif » aux conséquences familiales et politiques.
Un séjour parisien loin d’être anodin
Début février, Ali Bongo Ondimba a été aperçu dans Paris, la capitale française, arpentant les commerces aux côtés de sa sœur et de proches. Mais, comme le révèle Jeune Afrique, il ne s’agissait pas d’une simple visite. L’ex-chef d’État serait « contraint de séjourner » dans sa propriété parisienne de l’avenue Foch en raison d’un problème de documents de voyage.
Loin de la discrétion londonienne qu’il avait adoptée, cette présence prolongée à Paris traduit « un exil administratif forcé ». Son épouse, Sylvia Bongo, et leurs enfants, installés à Londres, attendent eux aussi la régularisation de leur situation. Le couple, autrefois au sommet de l’État gabonais, se retrouve ainsi « suspendu aux décisions consulaires ».
Retour sur une trajectoire mouvementée
Chassé du pouvoir lors du coup d’État d’août 2023 conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema, Ali Bongo Ondimba était resté plusieurs mois à Libreville avant de quitter le Gabon en mai 2025, à la suite d’une médiation internationale. Direction d’abord l’Angola, puis le Royaume-Uni, où la famille s’est installée dans sa résidence de Mayfair.
Depuis, les allers-retours entre Londres et Paris se sont multipliés, notamment dans le cadre d’une « contre-offensive judiciaire » engagée contre les autorités gabonaises. Jeune Afrique rappelle qu’Ali Bongo Ondimba a été entendu en France dans une information judiciaire ouverte pour « tortures et actes de barbarie », « enlèvement » et « séquestration en bande organisée ». Une démarche présentée par ses soutiens comme « la volonté de faire entendre sa vérité ».
Le nœud du problème : l’ETA britannique
Le blocage actuel trouve son origine dans une nouvelle exigence administrative. Depuis avril 2025, les citoyens français doivent obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA) pour entrer au Royaume-Uni, sauf à disposer d’un visa ou d’un statut de résident.
Or, selon Jeune Afrique, le séjour d’Ali Bongo Ondimba aurait atteint « la durée maximale autorisée ». Résultat : ses documents ont été refusés par le système de la police aux frontières française au moment de reprendre l’Eurostar vers Londres. Une scène révélatrice d’une situation devenue kafkaïenne : « un ancien chef d’État stoppé par un écran ».
Pour retourner au Royaume-Uni, il doit désormais solliciter un visa en bonne et due forme. Une procédure de régularisation serait en cours, mais les délais restent incertains.
Sylvia Bongo, elle aussi prise au piège
De son côté, Sylvia Bongo se trouve dans une impasse comparable. Après avoir dépassé la limite des six mois passés hors du territoire britannique, elle ne peut plus quitter le Royaume-Uni sans compromettre son retour, à moins d’obtenir un visa spécifique.
Ainsi, le couple vit « un exil à distance », séparé par les règles migratoires. L’image est forte : autrefois symbole de stabilité institutionnelle au Gabon, Ali Bongo et Sylvia Bongo apparaissent aujourd’hui comme les protagonistes d’un feuilleton administratif où « les frontières remplacent les palais ».
À Paris comme à Londres, l’attente s’étire. Et l’ancien président, selon Jeune Afrique, doit désormais « prendre son mal en patience », dans l’espoir que les verrous bureaucratiques cèdent enfin.










































