Le 7 septembre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé un ultimatum sans précédent. Ainsi, les ministres, maires, comptables publics et chefs d’entreprises mis en cause disposent d’un délai strict. Ce délai court jusqu’au 7 octobre 2026 pour restituer les fonds dus à l’État. Passé ce cap, les dossiers seront transmis à la Cour criminelle spécialisée. Cette transmission ouvrira ensuite la voie à des poursuites pénales.
Cette convocation s’inscrit dans une séquence historique inédite. En effet, près de 20 ans de gestion publique ont laissé s’accumuler des créances impayées. Et des amendes impayées, représentant un montant colossal de 1 700 milliards de FCFA de la part de 600 débiteurs .
Rapporté au budget rectifié 2026, ce chiffre équivaut à près d’un tiers des crédits annuels. Le budget rectifié 2026 s’élève en effet à 5 495,2 milliards de FCFA. Ce chiffre révèle ainsi l’ampleur du manque à gagner pour les finances publiques.
Environ 600 débiteurs pointés par la Cour des comptes
La Cour des comptes a dressé un constat sévère sur la situation. Son premier président, Alex Euv Moutsiangou, a détaillé ce constat publiquement. Ces débets accumulés concernent environ 600 débiteurs au total. Parmi eux figurent des personnalités politiques et des entreprises privées. Par ailleurs, certains marchés publics n’auraient connu aucune livraison effective des prestations. D’autres fonds auraient subi un détournement ou une mauvaise gestion. Cette situation illustre les failles persistantes dans la gouvernance financière. De plus, elle révèle la faiblesse des mécanismes de contrôle budgétaire.
L’ultimatum présidentiel marque ainsi une rupture nette avec les pratiques passées. Il ne s’agit plus seulement de constater les irrégularités par la Cour des comptes. Désormais, il s’agit de contraindre au remboursement sous peine de sanctions judiciaires. Cette démarche pourrait ainsi inaugurer une nouvelle ère de transparence. Toutefois, elle exige une volonté politique constante et sans faille. Elle nécessite également une impartialité totale dans le traitement des dossiers. Enfin, elle requiert une fermeté absolue face aux pressions des réseaux d’influence.
Des actes concrets attendus par l’opinion publique
Au-delà de l’effet d’annonce, l’opinion publique attend désormais des actes concrets vis-à-vis de ces 600 débiteurs . Elle réclame d’abord un recouvrement effectif des sommes dues. Elle exige ensuite la publication complète des listes de débiteurs. Et surtout, elle attend la traduction en justice des responsables récalcitrants. Le président est ainsi invité à maintenir une ligne de rigueur absolue. Car la crédibilité de son combat contre la corruption en dépend directement. Sa capacité à transformer cet ultimatum en résultats tangibles reste déterminante.












































