Après la fermeture successive des enseignes Société du Haut-Ogooué (SHO), Somaga, Socodi et des deux Gaboprix, la ville de Fougamou s’était résignée à n’avoir plus qu’un seul grand magasin digne de ce nom : le Cecado du groupe Ceca-Gadis. Véritable poumon commercial, il assurait l’approvisionnement en produits de première nécessité non seulement pour les habitants de la commune, mais aussi pour ceux des localités voisines de Mandji, Sindara et Ikobey.
Or, depuis quelques semaines, les « Fougajazziens » ont découvert avec stupeur que leur supermarché avait fermé ses portes. Plus troublant encore, les couleurs du bâtiment ont été effacées, remplacées par une peinture blanche, sans aucune explication officielle.
Les populations se retrouvent contraintes de se tourner vers les petites boutiques tenues par des commerçants mauritaniens, où la qualité des produits suscite souvent des inquiétudes.
Pour s’approvisionner correctement, beaucoup doivent désormais parcourir des dizaines de kilomètres jusqu’à Lambarené (Moyen-Ogooué) ou Mouila (Ngounié).
Cette situation, éprouvante et coûteuse, fragilise davantage des familles déjà confrontées à des difficultés économiques.
Des rumeurs de repreneur, mais aucune certitude
Il se murmure qu’un repreneur pourrait bientôt occuper l’espace laissé vacant par Cecado. Mais l’incertitude demeure : combien de temps cette solution tiendrait-elle, et avec quelle garantie de pérennité ? Les habitants, eux, oscillent entre espoir et scepticisme.
Ce qui choque le plus, c’est le mutisme des responsables politiques locaux. Aucune explication n’a été donnée aux populations, qui se sentent abandonnées face à une crise commerciale majeure. Le ministre en charge du groupe Cecado est désormais interpellé par l’opinion publique : pourquoi ce silence, et quelles solutions pour Fougamou et ses environs ?
Au-delà du simple commerce, la fermeture du Cecado met en lumière une problématique plus large : la dépendance des villes de l’intérieur aux grandes enseignes et l’absence de stratégies durables pour garantir l’autonomie économique des populations. Dans un contexte où l’État prône la valorisation du « consommer local », il est urgent que des réponses claires soient apportées.
La fermeture du Cecado à Fougamou n’est pas seulement une affaire commerciale : c’est une question de dignité et de souveraineté pour des populations qui refusent d’être reléguées au second plan. Le silence des autorités ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon. Les habitants attendent des explications, mais surtout des solutions concrètes pour que Fougamou retrouve son dynamisme et que ses citoyens puissent vivre avec la certitude que leurs besoins essentiels seront assurés.


























