Rose Christiane Ossouka Raponda, Premier ministre du Gabon doit être mis en examen. Son ministre de la Santé, Guy Patrick Obiang Ndong doit déposer sa démission pour mauvaise gestions des fonds mobilisés par le Gabon pour lutter contre la pandémie de la Covid-19, a exigé vendredi 24 juin 2022 dans une conférence de presse les leaders de la société civile réunis au sein d’un mouvement appelé Copil Citoyen.
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A la suite de trois semaines d’analyse de 2608 documents en rapport avec les 56 milliards de francs CFA utilisés dans le cadre de la riposte contre le Covid-19, le Copil-Citoyen, observatoire Covid-19 de la société civile, a livré le 25 mars son premier rapport accablant. Il présente des anomalies partant des «chiffres gonflés» aux factures d’entités hors du système sanitaire réglées grâce à ces fonds. Mieux, le porte-parole de cette plateforme, Geoffroy Foumboula Libeka, a noté que le plus souvent « le prestataire présentant l’offre la plus chère est celui qui a bénéficié des 2/3 des dépenses de restauration».
Le Copil Citoyen exige la tête du Premier ministre parce qu’elle a assuré la coordination de la lutte contre la pandémie. Sa responsabilité personnelle est engagée suite à la gestion « chaotique » marquée par les détournements, la surfacturation, la concussion et l’amateurisme pour faire disparaître l’argent public, a expliqué Geofroy Foumbou Lebika Makosso, porte parole du Copil Citoyen.
Le ministre de la Santé pour sa part est personnellement épinglé par la société civile pour un achat de 890 000 doses de vaccins de la Covid pour une somme de plus de 4 milliards de FCFA alors que durant la période le Gabon a réceptionné plusieurs dons de doses de la part de la Chine, du mécanisme Covax, de la France et des USA.
Gèle de 104 milliards de FCFA
Le coordinateur du copil Gabon n’est lui aussi pas oublié. Le Copil Citoyen exige à son encontre les mêmes mesures conservatoires contre le coordinateur du Copil et son équipe et l’ouverture d’une investigation judiciaire pour présomption de détournement de fonds, collusion et concussion. 4e et dernière revendication, la suspension par le FMI du 1er décaissement de 104 milliards de francs CFA au Gabon dans le cadre de l’accord de prêt pour la non publication de tous contrats de marchés publics liés à la Covid-19, ainsi que les noms et nationalités des bénéficiaires effectifs des personnes morales attributaires.
« Il doit démissionner pour se mettre à la disposition de la justice et organiser sa défense », a insisté M. Foumboula Lebika Makosso.
Vendredi, le Copil Citoyen a commenté le rapport sur la gestion des fonds contre la Covid publié le 16 juin par le cabinet d’audit international Deloitte à la demande du gouvernement mis sous pression par le FMI.
« Le gouvernement a caché les documents et l’audit n’a porté que sur 10% des sommes reçues », a déploré le porte-parole du Copil Citoyen.
Le Gabon a reçu du FMI un total de 177 millions de dollars soit 304 milliards de FCFA mais l’audit de Deloitte ne concerne que 54 milliards de FCFA. « Pourquoi cette restriction », s’est-il interrogé. D’où la décision du Copil Citoyen de demander au FMI de ne pas débloquer la somme de 104 milliards de FCFA attendue par le Gabon dès juillet prochain. La société civile pointe un déficit de transparence des fonds.


























