L’opposant Charles Mba est arrivé à Libreville le 26 juin 2022, invité par Ali Bongo Ondimba selon l’information de notre confrère Jeune Afrique. Une démarche non loin de celle des autres anciens opposants : Jean Eyeghe Ndong, Féfé Onanga, Frédéric Massavala Maboumba, Marcel Abeke et d’autres qui ont fini pour certains au Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 54 ans). L’ancien ministre d’Omar Bongo revient-il dans les rangs du pouvoir ?
L’ancien ministre délégué aux Finances d’Omar Bongo Ondimba, Charles Mba est à Libreville pour rencontrer Ali Bongo Ondimba. Cet ancien cadre du PDG, ex-sénateur du Woleu (Nord) au compte du même parti n’était pas venu au Gabon depuis 2016. Il avait démissionné de cette formation politique pour rejoindre l’Union nationale (UN, opposition).
Charles Mba avait annoncé sa candidature pour la prochaine élection présidentielle 2023 depuis Paris pour faire face au candidat du PDG.
Très virulent face au pouvoir d’Ali Bongo, il semble avoir mis beaucoup d’eau dans son vin. Dans l’opinion, plusieurs voient déjà le même modus operandi que Jean Eyeghe Ndong, Frédéric Massavala, et d’autres anciens Pdgistes passés dans la maison opposition avant de revenir au PDG.
Rien de nouveau sous le soleil
L’opinion attend le discours de ce dernier qui fait un véritable rétropédalage. D’autres avant lui comme Eyeghe Ndong ont parlé de se mettre au service de la République, Féfé Onanga a risqué la mort comme le président Ali Bongo et il a compris qu’il devait revenir auprès de ce dernier. Chacun va de son tissu d’arguments bricolés pour essayer de justifier son retour aux côtés de celui qu’il a toujours rejeté.
Ce sont donc des refrains auxquels les Gabonais semblent déjà s’accoutumer sur l’échiquier politique national.
Notre confrère de Jeune Afrique voit une éventuelle négociation pour le faire entrer au gouvernement afin de neutraliser ses ambitions de candidat à l’élection présidentielle de 2023.
« Depuis plusieurs mois, Ali Bongo Ondimba a engagé un dialogue informel avec ses opposants. Plusieurs d’entre eux ont accepté d’intégrer le gouvernement, le Haut-commissariat rattaché à la présidence ou le PDG, à l’instar de l’ex-Premier ministre Jean Eyeghe Ndong ou de Frédéric Massavala Maboumba, Marcel Abeke et Rose Allogo Mengara. Une manière pour le président gabonais de surmonter la crise politique que traverse son pays depuis 2016, tout en déminant le terrain pour une éventuelle candidature à la prochaine présidentielle », rappelle le journal.
Il a bâti une plateforme avec les opposants de France dénommée « Pour le Gabon ». « Est-ce pour cela qu’il a accepté de rencontrer le président ? Ou, comme certains le suggèrent, afin de se préparer à entrer dans un prochain gouvernement ? S’interroge le journal panafricain, avant d’ajouter « L’avenir le dira ».
Ce farouche opposant n’a fait de son rejet du pouvoir d’Ali Bongo un secret pour personne. Toutefois, il a souvent « qu’il souhaitait un dialogue avec le pouvoir. À ses yeux, si ce dernier a pu s’imposer à la tête du Gabon à l’issue de l’élection présidentielle de 2016, il lui restait à ‘’gagner la paix’’ » a précisé notre confrère.
Son exil l’aurait empêché d’assister aux obsèques de son frère et de sa sœur, les deux décédés des suites de la Covid-19
Dans tous les cas, cette arrivée surprise va faire couler beaucoup d’encre et de salive dans l’opinion. Plusieurs ont en mémoire, la jurisprudence des opposants qui décident de faire un tour chez le président Ali Bongo Ondimba, surtout à près d’une année de l’élection présidentielle de 2023.










































